Monday, July 12, 2010

Daughters - Pleure pas gamine, tes parents t'ont laissés quelque chose


C'est à la fois tragique et heureux que de l'affrontement des personnalités de ces jeunes filles soit venu au monde ce dernier album qui figurera sans nul doute sur de nombreuses listes de fin d'années comme l'un des disques les plus enthousiasmant, originaux et mémorable. Daughters, un quatuor de quatre homme à la réputation de pédant, agressif et prétentieux, dont le mot d'ordre durant toute leur carrière fut de tromper les attentes.

Canada song, premier disque de quinze minutes, constamment interprétés integralement sur scène pour des prestations de même durée, constitué en soi un pied de nez sonore conséquent. "Pants, meet shit", "I slept with the Daughters and all I got was this lousy song written about me". Une cours de récréation musicale où l'on frappe sans prévenir pour ensuite sautiller à pied joint en chantant à tue tête sur son adversaire. "Hell songs" était en comparaison beaucoup plus sage. Les piallement du chanteur, fatigué de crier, se transforme en croner aviné et pose sur des déflagrations plus contrôlé, et parfois même atteignant les trois minutes! Daughters ne respectera pas vos attentes. Seul compte leur tronche, leurs envies et leur musique. Le reste peut aller se faire foutre!

Il n'est donc pas étonnant que le groupe ait finit par imploser après la création de ce dernier album éponyme. Tout avait pourtant trouvé sa place. Les sales gosses avaient finis par créer une musique aussi accrocheuses que moqueuse. Les pulsations de la batterie, augmenté par une grosse dose de basse, battaient la mesure d'un rythme entrainant où hurlaient les vrombissement d'une guitare possédé par un noise rock éléphantesque mais dansant. La voix de croner aviné continuait de pousser la chansonnette et de se moquer du monde mais avait trouvé le parfait terrain de jeu pour faire valser le public.

En couverture, le portrait d'une femme épongeant ses larmes. Au dos, douze autres visages. A l'intérieur, quatre autre portrait. Où que l'on regarde sur ce disque, tout le monde pleure les Daughters. Cet épitaphe éponyme n'est pourtant pas prétexte à des epamchement lacrimale causé par une déception amoureuse adolescente que l'on tiendrait en otage pour ne pas perdre d'inspiration. Daughters, le disque, marque par sa maturité. La maturité d'un groupe qui a toujours fait de son immaturité un blason. Arrivé à l'age adulte, les egos se révoltent et tout le monde claque la porte, laissant derrière huit rejetons abandonnés que les auditeurs adopteront avec joie dans leur propre famille musicale.

Faith no More - De la poussière d'ange dans un disque


La reformation de Faith no More fit peut-être plus parler d'elle que leur séparation et continue encore d'enthousiasmer tout ceux qui, comme moi, n'ont pas eu la chance de profiter du groupe quand il était encore en activité. Je me souviens encore les avoir vu sur mon écran de télévision interprété Ashes to ashes sur le plateau de Nulle Part Ailleurs. Les costards cravatte m'avait étonné de la part d'un groupe que j'associais tout simplement à la scène metal... ce que l'on peut être ignorant quand on est gosse! Classieux, ce single d'Album of the year, aussi bon soit il, n'était qu'une toute petite partie de l'identité de ce monstre de créativité dont on retient la voix de Mike Patton alors que sans le reste de ses membres ont eu, tout, voir plus d'importance dans le son de Faith no More que ce seul chanteur de talent.

A l'heure de l'enregistrement d'Angel dust, après le succès du single rap/metal "Epic" et sa voix aux poissons sautillant en dehors de son bocal (qui n'est toutefois pas mort pour la cause, contrairement à ce que les associations de protection des animaux ont crus à l'époque), les caméras de MTV visitèrent le studio de Matt Wallace, déjà producteur de Introduce yourself et The real thing) et montrèrent bien le processus créatif du groupe.

Chaque partie était le résultat d'une discussion de groupe où les propositions fusaient à travers la pièce alors que l'on enregistrait les parties de clavier de Randy Bothum. Billy Gould apparait alors très clairement comme le sage vissé au siège à côté du producteur, cartographiant le morceau avec précision pour proposer une perspective différente au claviériste. Silencieux, Mike Bordin n'est pas en reste dans l'élaboration du chateau de carte qu'est Angel Dust. Structure soutenu par sa frappe énergique et groovy, où viennent se poser des sonorités bigarés que tout producteur censé, si il avait été au service d'une major désireuse de ne pas prendre de risque, aurait refusé d'enregistrer.

Angel Dust ne pourrait être réaliser dans les même conditions aujourd'hui. Aucun grand label n'aurait accepté de sortir une telle collection de chanson. Bien que largement moins expérimental qu'un Trout mask replica, de Captain Beefheart, ou que les albums de Mr Bungle, le premier groupe de Mike Patton (dont la musique doit beaucoup à cette fameuse réplique de masque de truite), car fondamentalement pop, Angel Dust étire le spectre des influences en allant de Godflesh jusqu'a la musique de cirque ("Malpractice", seulement interprété pour la première fois sur scène par The Dillinger Escape Plan accompagné de Patton) et s'autorisant l'emploi d'un refrain scandé par des pom pom girl pour un hymne à la fellation ("Be aggressive").

"Easy", la conclusion du disque et reprise des Commodores, permit aux disques de trouver acquéreur chez d'innocents auditeurs qui s'attendaient à autre chose qu'une parade de riffs metal, sévèrement encadrés par les embardés vocales d'un Patton usant de tout son registre pour mieux servir les refrains de tout ces morceaux qui en font des classiques intemporels, et cela de la première à la dernière note. Que ce disque ait ensuite influencé bon nombre de groupe incapable de reproduire la créativité délirante du groupe échappe totalement à leur responsabilité et ne saurait être tenu contre le groupe. C'est pourtant cela qui permit à ce disque d'atteindre la première place d'une liste des albums les plus influents des années 90, publié par le magazine Kerrang!. Aussi populaire chez les critiques qu'auprès du public (bien que les ventes n'aient pas atteint celle de son prédecesseur à l'époque, tout du moins sur le sol américain), Faith no More a réalisé avec Angel Dust une collection de morceaux implacables qui garantit à jamais leur présence dans les livres d'histoire.

Sunday, July 11, 2010

Japan Expo (ImaginR)

J'étais venu pour m'acheter une casquette. Il y a deux ans, lors du Salon du Livre, j'avais eu l'occasion d'acheter une casquette beige arborant le logo de la série Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, l'une de mes séries d'animation favorites. Depuis, je n'avais pas trouvé de nouveaux modèles à ma convenance, et je comptais bien profiter de la Japan Expo pour explorer un peu les stands à la recherche d'un couvre chef. Pourtant, malgré tout mes efforts je n'ai pas trouvé de modèle qui me convenait, ni même beaucoup de casquette! En revanche, tout ce que le fan de manga et d'animation peut espérer se trouve sur les stands des exposants.

Les participants parcouraient les allées, portant des costumes de leurs personnes favoris (des cosplays), fait mains qui, pour la plupart, montraient bien l'attention et la passion que leurs auteurs avaient donnés pour les réaliser. Les fans aux costumes les moins réussit ont toutefois pu trouver sur les stands de quoi parfaire leurs combinaisons. Entre les stands présentant goodies, mangas et DVD en tout genre on pouvait trouver un espace réservé aux jeunes créateurs (Mon père est tailleur, par exemple), et surtout créatrices, aux collections uniques. Les jeunes gothic lolitas présentent sur le salon avaient donc largement de quoi fouiner, de même que toutes celles et ceux venuent agrandir leur garde robe

Toutefois, il n'y en avait pas que pour les fringues et les mangas pour cette onzième édition. Les Etats-Unis était aussi de la fête puisque la Japan Expo habrite depuis deux ans le bien nommé Comic Con, une convention à l'Amérique offrant des occasions inédites de rencontrer des réalisateurs et des acteurs (conférences portant sur les comics, des séries comme Highlander ou des films comme La Guerre des Mondes) ainsi que des dessinateurs de bande dessinées (comme Frank Quitely (dessinateur de Batman) ou Jim Mahfood (dessinateur à la croisée du pop art, de l'animaton et de la culture hip hop) venus offrir des dédicaces.

Des univers très variés qui se sont croisés pendant quatre jours, se sont pris en photos mutuellement, ont échangés des calins gratuit (nombreuses étaient les pancartes proposant des Free Hugs) ou joués à des jeux vidéos, des jeux de cartes ou simplement pu discuter de leurs passions respectives. Ainsi, si la Convention échoue en tant que lieu de découverte d'univers inconnu aux plus curieux, les fans en tout genre, et de tout age, était au rendez-vous dans cet évènement qui ne cesse de grandir et de recevoir des célébrités toujours plus prestigieuses tel que Hideo Kojima, créateur du jeux-vidéos Metal Gear Solid, ou Tsukasa Hojo, créateur des manga Nicky Larson (City Hunter) et Angel Heart). La onzième éditon était incontestablement un succès et on peut déjà prédire le même constat pour la douzième tant les festivaliers ressortaient souriant et chargés de leurs emplettes.

Monday, July 05, 2010

Japan Expo, un point de vue d'ensemble

Pour une première visite à la Japan Expo, après en avoir entendu parler pendant des années, si je devais retenir seulement deux mots de cette convention ce serait FREE HUGS ! Les panneaux en carton fleurissaient dans les allées des mains de jeunes filles et de jeunes hommes, plus ou moins déguisés les uns, les autres et désireux de répandre la bonne parole du câlin sympa que l'on donne avec le sous rire sans de sous entendu graveleux. Le concept peut semblait étrange quand on l'observe brièvement mais avec un peu de persistance dans mon enquête j'ai pu constater que cette activité se déroulait dans une ambiance bon enfant, comme un prolongement de l'atmosphère de partage de ce festival.

Celui-ci accueillait tout autant des attractions typiquement japonaises que des présentations de costumes de jeux de rôle, des conférences de films et de séries (Lost, Highlander) et des séances de dédicaces d'auteur de comics. C'est dans cette dernière activité que je me suis le plus retrouvé avec les deux auteurs Jim Mahfood et Mike Huddleston, offrant en début de journée des dessins aux festivaliers qui daignaient bien faire la queue, pour ensuite peindre devant public des panneaux que l'on avaient disposés près du stand de dédicace et à proximité des espaces de conférence et de rencontres avec des stars japonaises. Coutumié de l'attraction, il manquait toutefois à Mahfood et Huddleston (et à moi), un confort sonore que ne procurait pas le brouhaha des applaudissements et des hurlements de joie. De plus, peindre sans bière, c'est un peu comme faire la fête sans musique. D'ailleurs, peindre sans musique, c'est aussi comme écrire sans stylo. On peut se débrouiller autrement, mais il y a un manque. L'attraction aurait donc pu être encore plus sympathique si elle avait déplacé ailleurs ou si elle avait eu lieu dans un autre cadre.

Or, et c'est à la fois la force et le défaut de Japan Expo, tout se rencontre au même endroit. Rolisme, cosplays, projections d'anime, exposition de figurine, espaces pour jouer aux cartes (plutôt du type Magic l'Assemblée que belote ou poker) et stand d'éditeur et de magasin de goodies en tout genre et de créations originales de robes, de poupées (certaines présentait tout le nécessaire pour costumer ses poupée Blythes) et de pendentifs. A ce sujet, les fans se sont déplacés en masse avec leurs portefeuilles pleins à craquer pour se payer tout les ustensiles qu'ils avaient tant désirés. Ici, le geek parle au geek. Si l'on ne porte pas un costume ou l'on ne s'habille pas en gothic lolita, on a moins un tee shirt liés à une quelconque sous culture, ou alors on porte des oreilles de chat. Les bras et les poches se remplissaient au fur et à mesure du festival et si l'on n'avait pas de poche pour les billets alors on pouvait toujours aller faire la queue devant la distributeur (queue, soit-dit en passant, monumentale le dernier jour car seul un distributeur de billet restait opérationnel).

Japan Expo est donc le royaume du fan désireux de rencontrer ses semblables. C'est à la fois un lieu de présentation de la culture pop japonaise et de retrouvaille pour des personnes se fréquentant le reste de l'année sur un forum. Tout ce que le japon a produit comme symbole massivement reconnu à son mot à dire. Autant les chanteuses de J-Pop (le girl band Morning Musume était de passage) que les créateurs de manga (Tsukasa Hojo, créateur de City hunter [Nicky Larson] et Angel Heart en invité spécial) et de jeux vidéos (Hideo Kojima, créateur de la série Metal Gear Solid). A ce titre, rien que ces trois invités témoignent de la taille qu'à pris le festival dans le paysage culturel des fans du japon et de ses sous cultures, plus ou moins associés. A n'en pas douter, et en considérant l'espace non utilisé, le festival grandira encore l'année prochaine. Véritable thermomètre de la popularité des cultures alternatives auprès des jeunes (la moyenne d'age étant de 16/18 ans), Japan Expo est aux fans ce que Lourdes est au chrétien, un passage obligatoire pour se retrouver avec ses semblables et faire taire les critiques (quels soient justifiés ou non) de toutes ces passions. Ici, tout le monde est d'accord : FREE HUGS !

Jacques Higelin - Champagne pour tous de Colette Piat (ed. Alphée)


De la carrière de Jacques Higelin, je ne connaissais que son affiliation, Arthur H, dont la voix avait toujours surnagé dans le flot radiophonique des chanteurs français. La variété de mon pays natale ne m'a jamais convaincu et bien que j'éprouve un certains respects pour des chanteurs comme Jacques Bref ou George Brassens, je n'ai jamais ressenti le besoin d'en écouter. La carrière musicale de Jacques Higelin ne m'intéressait donc pas outre mesure si ce n'est pour découvrir la vie de ce bonhomme dont la musique et la personnalité m'a toujours semblé hors norme, pour le peu que je connaissais alors.

L'histoire que raconte Colette Piat est celle d'Higelin vu par les yeux d'une fan . Passionné par les évènements et la personnalité de l'artiste, sa prise de position en faveur de toute la carrière du livre écarte tout regard critique sur sa production et son engagement. En revanche, ce que l'on perd en objectivité, on le gagne en détail sur la jeunesse de Jacques Higelin, sa participation à la guerre d'Algérie et son regard sur la condition de soldat. Il y apprend que la musique permet d'échapper au quotidien et de transmettre des idées et des sentiments que tous peuvent comprendre. Un outil dont il se servira tout au long de sa carrière.

Bien qu'en dent de scie, la carrière de l'artiste aura toujours pu le nourrir. Une qualité dont ne peuvent se vanter beaucoup des artistes que j'écoute. J'ai donc un regard un peu détaché par rapport à cette époque et cette partie de l'industrie musicale à laquelle je ne suis jamais intéressé. Et pour cause. La musique d'Higelin c'est avant tout le texte. C'est celui-ci que Colette Piat souligne et décrit en terme plus qu'élogieux. Une passion pour le mot dont elle parvient, sans peine, à souligner l'originalité. Elle ne s'intéresse toutefois que très peu au processus créatif, contrairement à Vertige de la vie (biographie d'Alain Bashung, paru chez le même éditeur), de Pierre Mikaïloff, qui détaillait autant les choix artistiques que personnels de cette autre grande figure de "l'autre" chanson française.

Décrit comme un "Johnny Halliday de l'underground", Higelin est un personnage qui échappe totalement à mes références musicales et à mes centres d'intérêt. "Champagne pour tous" aura donc pu me faire découvrir la vie d'un artiste emblématique d'une chanson française bien plus inspiré que celle que projette les chaines de télévision. Un média dans lequel Higelin ne fait que se promener de temps à autre pour revenir toujours sur la scène, devant son public, là où il peut continuer de communiquer avec sa musique et ses mots.

Sunday, June 20, 2010

Earthtone 9 - Retour inattendu


L'industrie musicale vit son Retour des Morts Vivants depuis au moins deux ans. Tout les groupes que l'on pensait enterrer, séparer, fâcher à mort, reviennent sur scène et produisent des albums. Certains font preuve de bon gout et se contentent de jouer leurs anciens titres, comme avant (Biohazard, Carcass). D'autres s'essaient à l'épreuve du nouveau disque et agitent les fans sans déchainer les passions (Pestilence, Anthrax). Tous reviennent, même ceux dont vous vous foutiez. Earthtone 9? Qui a entendu parler de ce groupe en dehors d'Angleterre? Pourtant, ils ont décidés de se donner une nouvelle chance et se produiront cette année dans le cadre du Damnation fest.

Earthtone 9 ça aurait pu être mais ça n'a jamais été, commercialement parlant. Soutenu par la presse anglaise (Metal Hammer, Kerrang!), le groupe n'a jamais décollé de son petit terreau indé alors qu'à la même époque les Lost Prophets se sont fait signés dès leur premier disque et continue même encore d'avoir une carrière alors qu'ils n'ont jamais rien proposés de bien originale. C'était d'ailleurs bien là le problème d'Earthtone 9. A situé entre Tool, Neurosis et Deftones, le quintet de Notthingham est d'abord venu du metal hardcore pour finalement étirer sa créativité au delà de tout genre bien définit.

Le visage et la voix du groupe, Karl Middleton, est ce qui se fait de mieux en terme d'alternance entre un chant clair influencé par Maynard James Keenan (Tool) et de s'époumoner avec puissance et émotion (la voix rauque de Dave Edwardson de Neurosis). Un contraste désormais classique mais utilisé à bon escient sur des riffs mélodique et élancé soutenu par une rythmique quasi tribale. Une combinaison originale qu'aucun groupe n'a jamais copié depuis et dont ils se sont rendus maitre sur leur chef d'oeuvre, Arc'tan'gent. Destiné a devenir les héros de l'underground metal britannique, il n'en fut jamais. Le clip tourné pour le sublime, mais imprononcable, premier morceau du disque, Tat'twam'asi ne sera jamais diffusé car ses effets de lumières furent jugés capable de causer des crises d'épilepsie. Un sévère problème pour se faire connaitre à l'époque où les réseaux sociaux n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui.

Sans trop de promotion, le groupe parti aussi ouvrir pour Soulfly, en compagnie de Glassjaw, lors d'une tournée européenne, mais sans trop de résultat. Earthtone 9 aurait pu mais n'a jamais été. Aujourd'hui, si ils reviennent, (aujourd'hui chanteur du groupe de metal progressif Twin Zero), c'est définitivement pour se faire plaisir et voir si plus de monde peut être convaincu par leur musique. Pour cela, ils ont mis toutes les chances de leur côté et propose une compilation de leur meilleur morceau gratuitement. Vous pouvez aussi la leur commander pour une somme modique ceci dit. Tout cela se passe sur leur nouveau site. Preuve que le groupe s'est au moins adapté à l'économie. En revanche, leur musique n'a pas changé mais peut être que le public sera plus à même d'apprécier ce groupe aussi atypique. A écouter encore aujourd'hui Arc'tan'gent, on croirait qu'il a été écrit hier. Un chef d'oeuvre metallique intelligent qui sait autant s'abandonner dans des riffs puissant, des structures légèrement progressives mais surprenantes et des mélodies implacables.

Vendredi au Hellfest ou Quand Satan pris possession de Clisson


Après des années à lire des comptes rendus du Hellfest où tout allait mal, il avait fallu la combinaison de la venue exceptionnelle d'Ulver et de Godflesh, accompagné de Sigh et des Deftones, pour me décider à mettre les pieds à Clisson. Préparé au pire, le moindre constat positif ne pouvait donc être qu'enthousiasmant, mais force est de constater que rien ne pu être reprocher à l'organisation du festival pendant cette journée. Une seule journée pour car les organisateurs avaient eu la bonne idée de regrouper la plupart des groupes qui m'intéressait sur celle ci.

Une fois les heures de route avalés, la tente planté et les affaires déposés, en route vers l'entrée pour accueillir Magrudergrind que j'avais pu voir il y a quelque jours au Star Café sur Paris. Le son est alors bien meilleur et massif malgré l'absence de bassiste chez ce trio. L'énergie du chanteur suffit a animer la scène alors qu'il ne se déplace pas pour autant de son milieu et suffit a convaincre en vingt minutes de la qualité de ce trio mélangeant grindcore et power violence.

Vient ensuite sur la même scène le quintet japonais Sigh, encore jamais venu en France. Affaiblit par le manque de puissance des orchestrations pré enregistrés accompagnant le groupe, l'énergie des deux chanteurs, Mirai (parolier et compositeur du groupe) et le Dr Mikannibal (voix et saxophone) suffit a absorber mon attention. Les conditions sonores s'améliorent aussi progressivement pour équilibrer guitare et accompagnement symphonique. Les meilleurs titres seront donc ceux joués en dernier, extrait de Hangman's hymn. Dommage qu'un groupe a la discographie aussi varié n'ai pu joué qu'une demi heure. L'enthousiasme des fans suffira peut être à les faire revenir pour un concert rendant un plus brillant hommage à la qualité de tout leur disques.

Je me refugie ensuite du concert de Mass Hysteria sous la tente où Necrophagist a réunit un grand nombre de festivalier. Impossible de se déplacer vers la scène et de ne faire qu'entre apercevoir la scène. J'avais presque oublié que leur death metal technique et mélodique était aussi convaincant et je me promet de prendre leur deuxième disque. Entre temps je jette un oeil au Metal Market sans y trouver grand chose. Seul constatation, je n'aimerais pas être à la place des commerçant de la deuxième tente qui ont eu a subir les grondement de basse pendant toute la journée.

Après avoir rencontré quelque personne, et par conséquent ignorer le concert de Finntroll (avancé dans le programme car Walls of Jericho subit des problèmes d'avion), je me laisse porter par le set de KMFDM. Les riffs mécanique et l'attitude décalé du groupe, par rapport au reste de la programmation du jour, fait de leur indus metal une pause très appréciable et inattendu. Je ne reconnais que Drug against war sans que cela m'empêche de hocher la tête au rythme binaire des morceaux. Un groupe qui ne m'aurait jamais intéressé en dehors d'un festival mais qui m'aura convaincu par une prestation solide.

De même, sans avoir envie d'acheter ou d'écouter un disque de Walls of Jericho, leur concert continue de me convaincre de leur puissance en concert. Leur mélange de rythme hardcore (mosh part, two step) et de riffs thrash est banale mais l'attitude et la présence scénique et vocale de Candace suffit à donner du fil à retordre à la sécurité chargé de récupérer les dizaines de slammeurs qui leur arrive dans les bras à chaque titres.

Je parlais d'appréhension concernant le festival mais j'en avais aussi beaucoup vis à vis des Deftones. Or, il faut se rendre à l'évidence : Slim Fast, ça marche! Chino Moreno a retrouvé son équilibre et son énergie d'antan. Un petit tremplin a été installé sur le devant de la scène pour qu'il surplombe le public et saute de part et d'autre de la scène. On ne peut pas en dire autant par contre de Stephen Carpenter dont la musculature charnue semble l'attaché à côté de la table de mixage de Frank Delgado. Reste donc à Moreno et à Sergio Vega (ex. Quicksand) d'assurer et ils le feront avec beaucoup d'énergie et un enthousiasme apparent. Beaucoup de titres du dernier album sont interprétés et mélangés à des extraits de Around the fur, White pony et Adrenaline (qui m'apparait encore plus clairement comme le plus mauvais disque du groupe). Aucune fausse note, quelque remerciement et un titre chanté depuis les barricades. Bref, pas de grand moment mais un set consistant, puissant et superbe affirmant tout ce que j'ai toujours adoré chez eux.

Après avoir entendu autant de bien sur Monkey 3, je fus un peu déçu par leur musique que j'attendais plus rock et aventureuse que ce qui me fut donner d'entendre sur scène. Définit par un comparse de festival comme "ce que David Gimore de Pink Floyd pourrait jouer si il s'énervait", le space metal instrumental a de quoi faire voyager et ne nécessite en rien la présence d'un chanteur. Pour être tout à fait honnête, la fatigue a aussi eu un effet sur mon appréciation de leur musique donc je n'appesantirais pas sur ce que je reproche au groupe. D'autant plus que je devais être une des seuls personnes de la Terrorizer Tent a ne pas être charmé par leur concert.

Le temps de se restaurer posé devant la Mainstage 01 et la musique d'Infectious Grooves finit par me faire décoller et me donner envie de danser. Le mélange funk, punk et metal de ces vétérans ne partait pour autant pas gagnant jusqu'à ce que l'enthousiasme de Mike Muir me contamine à mon tour et donne des ailes à l'ensemble de l'assistance. Les slammeurs recommencent de jaillir de toute part et se pressent pour retourner participer à l'euphorie générale. Le jeu des musiciens (et tout spécialement du bassiste) a de quoi ravir les oreilles tandis que l'apparition "surprise" du guitariste de Suicidal Tendencies pour "the Immigrant song" et un "ST" en conclusion où des dizaines de personnes se précipitent par dessus les barricades pour rejoindre le groupe sur scène aura surement pu combler les inconditionnels des exactions musicales de Mike Muir. Rien de moins qu'un set habituel pour ce groupe dont on a jamais tari d'éloge les prestations et qui m'aura fait acheté l'un de leur disque à mon retour du festival.

Sick of it All peut aussi se vanter d'être tributaire d'une réputation sans accroc en concert et la moitié de concert auquel j'assistais n'était pas en reste. Je ne reconnaitrais pourtant qu'un seul morceau, le fameux "Step down", sans éprouver de mal a sourire au son de leur hardcore toujours aussi efficace grâce à la puissance et à la présence scénique de ces inépuisables vétérans.

Je m'en vais pourtant un peu plus pour découvrir un autre groupe d'ancien, les Young Gods. Ces suisses ont construit au fil des années une carrière autour d'une originalité qui leur aura valu d'être célébré par la critique mais ignoré d'un succès de masse. Il y a donc peu de monde sous le chapiteau de la Terrorizer Tent (en comparaison avec d'autres groupes) mais le son qui provient de la scène fait ignorer toute la fatigue accumulé dans la journée. Leur indus a de particulier qu'il parait très organique et réussit dans une symbiose de chant, de basse, de batterie et de samples réunit dans des titres aussi agréable à l'oreille qu'à l'esprit. Pourtant, leur concert connaitra un problème majeur: une coupure de courant! Celle ci interrompt alors, dans l'incompréhension générale, leur concert et laisse groupe et auditoire déçu d'en rester là.

Le temps de réparer et de combler tout les soucis techniques pour préparer le set de Godflesh qui doit avoir lieu au même endroit et celui ci prend alors du retard. Plus de vingt minutes ou tout le monde attends dans un mélange de frustration et d'impatience de pouvoir profiter de cette réunion exceptionnelle. ""Like rats", tant attendu, débutera donc demi teinte mais sera suivit d'un "Dream long dead" tout simplement phénoménale! "Streetcleaner" prend la suite et d'autre titres de ce même album viendront rassurer de la puissance de ce duo mythique. Le concert sera malheureusement raccourcis et ce sera avec un peu d'amertume que j'écouterais les deux derniers morceaux, dont un "Crush my soul" en conclusion. Justin Broadrick (guitare et voix) avait annoncé que le destin de la reformation de Godflesh reposerait sur le bon déroulement de cette prestation. On peut donc douter de revoir un jour le duo créer un nouveau disque mais restera tout de même ce petit bout d'histoire dont les festivaliers auront pu profiter malgré tout.

Enfin, le dernier mot de cette journée (en ce qui me concerne) est laissé à Ulver que j'ai de nouveau plaisir à voir et entendre. Un peu ennuyé, du fait du retard causé par les problèmes du concert de Godflesh, d'avoir manqué le début, j'ai le plaisir de découvrir que le concert ne fait que commencer quand je pénètre sous le chapiteau. Le groupe n'a pas changé de set depuis la première fois que je les ai vu (il y un moins d'un an, au Brutal Assault en Répubique Tchèque). J'ai depuis beaucoup écrit sur leurs concert. Le groupe ne se révélant vraiment qu'en salle, la qualité de cette prestation en extérieure fut toutefois assez satisfaisante grâce au talent des musiciens maintenant aguerris à l'exercice (le groupe n'avait pas fait de concert pendant plus de dix ans avant de revenir l'année dernière). La présence de Daniel O'Sullivan (guitare, basse, clavier) continue d'apporter une nouvelle richesse aux compositions du groupe. Je retiendrais donc cette improvisation autour d'un morceau de Shadows of the sun et de "Hallways of always" (extrait de Perdition city) comme point marquant, par rapport aux autres concerts du groupe. Moins bon qu'à Paris (d'autant que je n'ai pas pu profiter des projections) mais toujours largement meilleur que quiconque, ce concert suffit a faire de ma journée au Hellfest une expérience des plus mémorables et des plus agréables.

Monday, June 07, 2010

Tu connais Arms of Ra?


J'aime bien cet album. Faut dire que je fait partie du groupe. Le mec derrière le micro, c'est moi. Alors forcement, j'en dis un peu de bien de cet album. On dit des chroniqueurs qu'ils sont des musiciens ratés. Moi je pense plutôt que quand tu as le temps de faire l'un, tu n'en as généralement plus pour faire l'autre. Sauf que du temps, j'en trouve quand même et j'en profite donc pour faire la promotion de mon premier disque.

Arms of Ra c'est d'abord un duo de guitariste voulant faire du Cult of Luna première époque. De la fin de leur précédent groupe, une formation de metal moderne très Lamb of God, ils partent avec le batteur, et trouvent un bassiste et un chanteur, mais pas moi. Moi je m'étais barré du groupe précédent, pour d'obscure raison un peu conne, quand j'y repense, alors on n'avait pas fait appel à mes services. Logique. Il aura fallu une date à l'arrache où je me proposais pour remplacer leur chanteur pour que mon nom revienne sur la table.

Quelque mois plus tard je réintégrais la formation avec un tout nouveau guitariste, tandis que l'un des deux premiers passait à la basse. On était alors en 2007 avec juste quelques morceaux, Darwin's mistake (le texte n'ayant aucun rapport avec le nom, une constante sur ce EP), Saturnisme, The Color of my name. Puis vinrent, lentement, les deux derniers morceaux, Taxidermie et Pyramids. Des morceaux que l'on eu du mal à apprendre mais qui forgèrent notre son et notre processus de composition. On apprend de ses erreurs et cet EP en est plein, tout comme il est remplis d'idées et d'énergies, de l'envie de dépasser ses influences tout en se servant de ce que l'on a autour. Cet EP c'est la concrétisation d'un rêve de gosse dont on peut être fier.

L'enregistrement aussi fut laborieux et malgré tout le talent de notre producteur (batteur d'HKY, 91 Allstars et de Crossing the Rubicon à ses heures perdues ou à celle qui doit inventer dans un laboratoire secret) on peut entendre les petites erreurs et les petit faux pas. Tout ce qui fait d'un disque une source de souvenir intarissable pour un groupe et donne vie à un rêve qui apprend a marcher. Trois morceaux et une unité qui s'extraie lentement, entre le sludge, le postcore, le screamo. Tout plein de genres à fleur de peau que l'on arrache de nos instruments respectifs pour partir un peu plus et cavaler comme les destriers de la couverture (peinture original réalisé par un talentueux jeune homme membre d'un groupe de rock psyché intitulé BSOFS) avec les trois nouveaux morceaux que nous avons composés. L'un des guitaristes d'origine est parti maintenant au Quebec vivre une belle aventure. La notre continue encore aujourd'hui mais elle a débuté ici et on en est fier.

Saturday, May 29, 2010

Harvey Milk ou quand les blancs savent faire du blues


L'habit ne fait pas le moine mais les gars d'Harvey Milk ont tout l'air de pouvoir être votre père. Trois bonhommes avec des ventres a bières et des sourires débonnaires aux guitares aussi grasses que leur taux de cholestérol, composent des albums à la pelle sans attendre qu'on leur prête attention. Votre opinion, et la mienne, ils s'en foutent. Demandez leur ce qu'ils pensent de leurs disques dans un article et ils s'occuperont eux-mêmes d'en dire du mal.

Le genre de mec qui n'en a rien a faire. Le genre de mec capable de finir un disque à la croisée du blues, du sludge et du rock par une reprise de leur crue du thème des Looney Tunes (ce qu'ils ont fait sur leur avant dernier disque, Life... the best game in town). Parti d'un terreau sludge (comprendre très lourd, très lent et chargé en distorsion) ils ont troqués leur quotidien de musiciens l'instrument collés aux amplis par un peu plus de mélodie mais toujours pas de joie non plus.

Chez Harvey Milk on donne l'impression de ne pas mettre de cœur à l'ouvrage. On chante avec une voix aviné et même si on frappe fort, on s'épargne de trop dépenser de la testostérone à plaquer des riffs à la pelle. A chacun son rythme est le leur est lent, mais pas trop, triste mais avec le sourire en coin, dépréciatif mais fier de l'être. Ils ont tournés avec Oxbow et Red Sparowes quand ils sont venus nous voir en France mais ils se rapprochent surtout des Melvins, autre groupe débonnaire qui n’a jamais fait aucun effort pour être aimé (et tant mieux).

Harvey Milk fait donc tout de travers et comme il se doit, en composant un album intitulé A small turn of human kindness, ils chroniquent des tragédies humaines au son d'un blues chargé de distorsion qui vous arrachera des larmes comme eux arrachent des lamentations de leurs instruments (voir, cordes, peau de batterie, personne ne s'en remettra). L'album est excellent mais le reste de leur discographie aussi. Tout est bon dans le cochon et ses trois frères ont construit un édifice sonore capable de résister au souffle des loups les plus déterminés. Rien n'ébranlera Harvey Milk si ce n'est cette tragédie qui semble tant les affecter de disque en disque sans jamais qu'il puisse s'en remettre, la vie.

Sunday, May 23, 2010

Integrity + Rot in Hell + Monachus + Aderlating + The Host @ Espace Icare (Issy-les-Moulineaux) (22/05)


Issy les Moulineaux j'y ai fait mon stage de première année en Métiers du livre dans un séminaire alors y revenir pour un concert d'Integrity c'est passer du tout au tout. L'espace Icare abrite ce soir une double affiche réunit en un seul lieu avec deux atmosphères et deux publics très différent. Voir même trois.

The Host, groupe marseillais de trois papa rockeurs, ouvrent et surprennent avec leur rock ensoleillé aux couleurs californiennes. Rien de commun avec le film de monstre de Bong Joon Ho et encore moins avec le reste de l'affiche. Qu'à cela ne tienne, on écoute et on hoche la tête en se disant que ce sera bientôt finis. Sauf que les morceaux s'enchainent et que le groupe reste sur scène. Trop long pour une première partie et encore plus pour un groupe à la présence inexplicable par rapport à la programmation. C'était bien, c'était bien joué mais on demandait pas autant!

La couleur de la soirée est donc plus proprement annoncé par Aderlating et ses projections d'extrait de films d'épouvante. Satan est sur l'écran et dans les enceintes. Projet parallèle du très prolifique Mories (Gnaw their Tongues, De Magia Veterum) dont les projets sont généralement réservé au confinement d'un studio, il change constamment de place entre la batterie et le micro tandis qu'un compagnon s'occupe du maintien de l'ordinateur portable et des effets qu'il manipule aussi dès qu'il se retrouve avec le micro entre les mains. Hurlement, texture noise, partie de batterie très influence black metal avec une petite dose d'improvisation. L'atmosphère des disques était difficile à retranscrire en concert mais ils y parviennent par la force de leur créativité et des images projeté. Le set est trop cours mais mieux vaut conserver l'intensité plutôt que la laisser se dissiper. A revoir dans une plus petite salle et avec plus de monde (seulement huit personnes grand maximum dans la salle, avec l'ingénieur du son).

Ancienne tête d'affiche de la première mouture de cette soirée, Monachus, que l'on appelait précédemment Icos, n'offre strictement rien d'original dans leur postcore. Neurosis est présent à tout les étages, la voix à la Scott Kelly, les barbes, le synthé, les projections de la faune et de la flore (on aura droit au parcours du pinson cherchant sa nourriture, aux marécages et à la forêt en hiver) et les riffs lourds et atmosphérique. Ce groupe pourrait très bien s'appeler Mouth of the Architect ou Callisto que l'on n'y verrait que du feu. C'est cependant très bien fait et l'on se prend facilement au jeu pour peu que l'on se plonge un peu dans les riffs et les mélodies. Le batteur a aussi de quoi maintenir aussi en haleine (malgré ses lunettes carrés, autre poncifs du genre) et rendre ce set agréable malgré tout les défauts causé par la profusion de groupe du genre.

La phase hardcore de la soirée peut enfin commencer avec Rot in Hell, quintet anglais peu présent en dehors de leur pays natale, dixit le groupe, et satisfait d'arriver ici (avec remerciement spéciale pour les organisateurs qui les ont très bien traités, dixit aussi le groupe depuis la scène). L'ambiance n'est pourtant pas à la hauteur de l'énergie qu'ils dispensent. Le chanteur saute, pose et hurle à plein poumon. Le bassiste soulève toute sa graisse et saute avec toute l'énergie et la rage qu'il a dans le corps. Rien n'y fera, la fosse ne s'ouvre pas. La faute aux jeunes femmes qui filment et photographient sur le devant ou le petit gosse enthousiaste que le chanteur remercie tout spécialement? Les habitués ont vu des conditions plus étrange pourtant (souvenez-vous de la fête de la musique avec Internal Affairs et Down to Nothing à Chatelet) mais rien n'y fait. Très bon concert tout de même.

Integrity arrive enfin et plus personne pour géner le début de la folie. Le premier riff déboule, la mèche est allumé et ... pfiout. Pas de gros effervescence dans le public. La légende de Cleveland ne passe pourtant pas toutes les semaines et sa carrière n'est faite que de disque culte, alors où est le problème? Le malaise vient peut être des deux musiciens ajoutés à la dernière minute qui connaissent les morceaux mais n'assurent pas le show. Idem pour le batteur dont la frappe manque de conviction. Dwid a pris du poids mais dispense toujours son chant avec la même voix rauque, ligne conductrice de la carrière du groupe fait de mille changement de line-up, garant de l'esprit du metal hardcore et des images de satan dispensés sur les tee shirt et les disques. Satan était présent dans la salle lors du concert d'Aderlating mais il est manifestement rentré se coucher tôt pour Integrity et n'habite pas la scène ou le public. La détermination du jeune guitariste pourrait en inspirer plus d'un. Le son donne à ses solos toute la clarté dont ils ont besoin, une constante de la soirée dans cette eldorado inattendu à l'espace nécessaire et l'acoustique de qualité. La déception est donc de mise même si le concert n'est pas des plus mauvais non plus. On regrette juste de tout ce qui aurait pu être une soirée mythique avec un groupe plus stable et un coup de folie de la part du public. Reste toutefois des titres mythique et un nouvelle démonstration que "Misha" ou "Systems overloaded" sont des morceaux de hardcore on ne peut plus culte.

Saturday, May 22, 2010

Agua de Annique + Devianz @ La Scène Bastille (21/05)


Des années que je n'étais pas retourné à la Scène Bastille depuis le concert de Sleepytime Gorilla Museum qui s'y étais tenu. La programmation ne s'était alors jamais plus accordé avec mes envies de sortie. Or, pour être franc, sans invitation, je ne serais pas allé non plus à ce concert. The Gathering m'a toujours semblé être un bon groupe mais dont la musique ne me touchait absolument pas et je n'avais eu que des échos assez peu encourageant de la carrière solo de leur ancienne chanteuse, Anneke Van Giersbergen.

Pire encore, la personne qui m'accompagnait ce soir ne venait que pour la présence de la dame, et restait très très peu enthousiaste vis-à-vis de sa musique. J'allais donc sur le chemin de la Scène Bastille en bonne compagnie avec l'assurance de déprimer pendant plus d'une heure au son d'un pop rock insipide. Erreur! Ou presque. Mais erreur quand même.

A peine le temps de les voir se régler que Devianz ouvre le bal avec un sévère problème de son pour le chanteur qui n'est pas arrangé par l'énergie qu'il dispense en dansant le tango avec le pied de micro. Ca riff entre rock et hard rock avec pas mal d'énergie mais les mélodies et les paroles en français ramènent le musique dans le champ du rock et de la variété française (Cali, Saez...).

La combinaison n'est pas du meilleur gout mais se laisse écouter sans piquer du nez ou pleurer à chaude larme. Le groupe sait ce qu'il fait et malgré la forte présence de la basse (joué au doigt, ceci explique en partie cela) par rapport aux deux guitares, les morceaux s'enchainent bien et le groupe est très cohérent à défaut de me plaire. Il y aura ce qu'il faut d'applaudissement pour eux mais pas mal de leurs amis semblent aussi être dans leur salle. Dommage car pour un groupe qui en est à son deuxième disque, leur musique pourraient recevoir plus de suffrages à défaut d'obtenir le mien.

Puis, devant un parterre de fan de The Gathering et de demoiselles tout aussi enthousiastes arrive enfin le groupe et sa chanteuse. Pimpante, elle iradie une joie infectieuse qui parcourt le public et le contaminera pendant toute la durée du concert. Musicalement, Agua de Annique est un groupe qui n'invente rien de neuf mais à toutefois le mérite d'avoir, premièrement, des musiciens tout à fait compétent et deuxièmement, une chanteuse à la voix superbe dont le talent ne lui semble nécessiter aucun effort.

Les yeux rivés sur elle, elle ne cesse de communiquer son enthousiasme à tout un chacun même quand des problèmes de micro empêche sa voix de se faire entendre. Souriante, elle s'amuse de ses problèmes et préfère danser pour que le spectacle ne perde pas en énergie. La dévotion des spectateurs, qu'ils ne cessent de communiquer entre les morceaux en applaudissant et en lui faisant des déclarations d'amour en anglais, est de toute manière tel que la chanteuse pourrait rester sur scène sans rien faire que le public serait tout de même conquis.

De même, lors des problèmes techniques, dès que sa voix disparait la musique perd instantanément en charme. Aussi accrocheur ses chansons puissent-elles être, leur intérêt repose sur le chant d'Anneke dont les mélodies portent le travail des trois musiciens. Ceux là ne sont pas des faire valoir pour autant et participe à la bonne tenue du spectacle en jouant toujours en direction du public (contrairement aux musiciens de Devianz qui était principalement concentrés sur leur jeu). Trois titres de The Gathering seront interprétés (voir la set list du concert) ainsi que d'autre de ses albums solos et deux morceaux composés par Devin Townsend pour l'album Addicted. Parfois lassante, cette prestation m'a toutefois conquis sur le long terme grâce à la présence enchanteresse d'une frontwomen qui n'a rien a envier en charme à Marilyn Monroe. A défaut d'avoir complètement charmé mes oreilles, elle aura charmé son auditoire avec une musique qui n'a pourtant rien pour me plaire. La marque d'une grande dame sans l'ombre d'un doute.

Sunday, May 09, 2010

Time to Burn: Alors consummez vous maintenant


Habitué des premières parties des concerts parisiens, Time to Burn a fait ses classes sur les planches du Klub, de l'Espace B, du Point Éphémère ou encore de la Péniche Alternat. Des concerts tellement fréquent que personne n'était surpris de les voir sur une affiche de post quelque chose. Peut-être même certains arrivèrent plus tard pour les louper ou poussèrent des soupirs en voyant leur nom associer à une nouvelle date. Pourtant, pour les avoir vu à plusieurs occasions durant l'année 2008, je commençais maintenant a me désespérer de leur absence. L'annonce de leur ajout à l'affiche à un festival polonais, l'Asymmetry festival, me fit reprendre espoir. Et, devant un par terre de tête étrangères, loin du dédain parisien, je vit Time to Burn revenir à la vie comme c'était hier.

Bien vite classé dans le fourre tout postcore, les quatre parisiens ont toutefois su saisir dans leurs influences une frénésie que d'autres n'ont jamais privilégié pour se concentrer sur des atmosphères et des riffs plombés. Ceux de Time to Burn le sont tout autant mais ils ajoutent à cela une vitalité incandescente qui les distingue, dès les premières notes du brulot Nayeli, d'un par terre de clones de NeurIsis. Passé ce titre, le reste souffre ensuite de la comparaison au première abord. Pour autant, en réécoutant ces titres que j'avais mis de côté, sur ces planches polonaise, j'ai eu l'impression d'être passé pendant tout ce temps à côté de tout le charme du groupe.

L'intensité de la musique de Time to Burn est, en effet, toujours mis au service de l'écriture de chansons cohérente. Il suffit pour cela de prêter l'oreille au titre de fin, Land, et à cette voix qui envahit alors tout l'espace à la place de la distorsion et des cordes contorsionner en tout sens. On tient alors un petit morceau de perfection sobre suffisante à faire de l'ombre à ce premier titre glorieux. Les influences rock du quartet prenne alors vie et l'on comprends mieux la création de ce side project nommé Brighton pour laisser plus de place aux influs Indie rock de certains. Elles ont pourtant leurs places dans des groupes où les concepts et les projections dissimulent les faiblesses des morceaux. Pas de ça ici, juste de superbes titres et d'autres qui le sont encore plus. Un petit chef d'oeuvre qu'il ne faut pas s'aviser de manquer et un groupe qui reviendra prochainement sur les planches parisiennes avec I Pilot Daemon.

Time To Burn - "Nayeli" (2009) from Radius Labs on Vimeo.

Tuesday, April 27, 2010

Quicksand: Dérapage contrôlé


Après avoir parlé de Far et de Cave In, le temps est venu de remonter un peu en arrière pour parler du chainon manquant qui en amena beaucoup de la saturation à la mélodie, Quicksand. Le terme post hardcore avait alors encore le sens d'un enchainement d'un homme venu du hardcore parti vers un son encore plus personnel. Walter Schreifels est le nom à retenir dans ce quatuor. Membre de deux noms majeurs dans la scène hardcore New Yorkaise, Youth of Today et Gorilla Biscuits (deux des références du hardcore moderne de Have Heart, Verse and co).

Peu avant la conclusion de Gorilla Biscuits en 1991, Schrielfels enregistre pour Revelation Records un EP constitué de morceau qui seront ensuite remodelés ("Omission" et "Unfulfilled") pour apparaître sur Slip. Ce dernier est le disque essentiel de la discographie de Quicksand. Celle-ci n'est d'ailleurs pas bien longue puisque le groupe s'éteindra après l'enregistrement de Manic compression en 1995. Agréable mais moins remarquable que Slip, Manic compression pâlit face à la perfection des douze morceaux alliant à la perfection la saturation et la simplicité du hardcore à des mélodies qui influenceront par la suite les Deftones ou Isis. On retrouve déjà une partie du son de ces derniers dans "Baphomet" et sa saturation entrecoupé de mélodies enlevés. Isis poussera l'expérimentation encore plus loin (sans compter l'influence que Godflesh et Neurosis a eu sur eux) mais les graines sont plantés pour la suite. Le nom est là, il faudra juste cultiver.

Les apports de Quicksand sont donc multiples pour des groupes très différents qui ont pour point commun un croisement entre des guitares croisant une distorsion pure à des mélodies empreint d'une saturation venu de toutes les directions du rock, du hardcore, au metal. Un son capable de mettre tout le monde d'accord. La voix prend alors une place très secondaire. Schrielfiels atténue son cri tout en ne chantant toujours pas. Entre deux styles, ce mariage convient pourtant très bien aux textes où il continue de déclamer des thèmes cher au milieu hardcore comme le besoin de s'exprimer et de ne pas se laisser abattre.

"All sense aside, left ou in the cold sight of your routine, getting old. Blame some indifference inside, taken on shapes not too selective, just what you find".
Fazer
"Turned up on your side, the one that you choose. Why should they mind? Scared of what you're thinking"
Lie and wait

Un monument de sincérité et d'efficacité fidèle à l'énergie et l'idéologie punk gonflé par une réflexion sonique et personnelle. La conclusion de Quicksand amènera la création de Rival Schools (qui partagera un fameux split EP avec le premier projet solo de Jonah Matranga de Far, Onelinedrawing) où les ambitions mélodiques de Schriefels prendront une tournure plus rock mais tout aussi efficace sur un excellent disque, United by fate, qui devrait prochainement être suivi par un nouvel album, peut-être enfin disponible cette année.

Monday, April 26, 2010

The Cure - Les symphonies névrotiques de Thierry Desaules (Alphée édition) 2010


A l'instar de son précédent ouvrage sur Placebo, Thierry Desaules laisse de nouveau cours à sa passion pour l'histoire d'un groupe dans ce volume consacré à Robert Smith et plus globalement à the Cure. Passé l'introduction, de rigueur, où Desaules, décrit les débuts de sa passion pour The Cure, il introduit ensuite les débuts de Robert Smith, son adolescence et sa passion identique pour le punk rock et les débuts de sa carrière musicale.

Extensivement documenté sur tout ce qui concerne la vie privé des membres de The Cure, tant que cela concerne aussi leurmusique (le livre ne succombe jamais sous une masses d'anecdotes douteuses ou inutiles), Les symphonies névrotiques permet de mettre dans un contexte personnel l'évolution du groupe et les divers albums mythiques qu'on lui doit, tel que Pornography, Disintegration ou Wish. Journaliste de formation, l'auteur ne s'aventure pas dans la musicologie pour analyser la musique de The Cure mais exprime très bien les différentes atmosphères voulus par le groupe sur chaque album et les circonstances précises de leur création.

Pour se faire il fait appel à de nombreux extraits d'interviews piochés dans la presse de l'époque (et amplement détaillé dans la biographie à la fin du volume) et à des témoignages d'artistes fans de The Cure. Des plus connus (Rinocérose) au moins (Junkstar), ceux-ci apportent une vision plus ou moins intéressante de la vie de The Cure. C'est donc à la fois l'aspect le plus original du livre mais aussi son plus dispensable puisque les citations ne font appel qu'aux gouts des musiciens et non à l'impact des disques sur leur manière de composer. Bref, quelque chose de plus concret mettant en valeur à la fois la musique de The Cure et la leur.

Passionné, l'auteur ne laisse par contre pas son amour pour le groupe dévorer les pages de l'ouvrage en révérence inutile (contrairement à sa biographie de Placebo) et introduit parfois son opinion sur des titres qu'il juge peu ou moins intéressant. Ces interventions sont par contre tout à fait approprié et apporte plus de personnalité à un ouvrage dont le contenu est, dans l'ensemble, rédigé de façon à décrire l'action avec un minimum de distance. Toutes les érances de Robert Smith et de ce groupe qui est à la fois sa malédiction que la source de jeunesse où il exprime le malaise, la mélancolie et le romantisme qui auront bercés plusieurs générations de fans et de groupes. Un bien agréable manière de découvrir la vie et l'œuvre de ce groupe dont le nom est aujourd'hui synonyme d'excellence pour des groupes et artistes de toute confession musicale.

Sunday, April 18, 2010

Monarch! + Desecrator @ la CIP le 13/04


Ce soir le concert avait lieu non pas dans une salle de concert huppée mais à la Coordination des intermittents et précaires d'Ile de France, un ensemble de collectif visant à mener des actions pour obtenir le droit à l'allocation chômage des intermittents du spectacle. Défini par la C.I.P. comme "un point d'appui pour diverses formes d'action, de pensée, d'accueil, de fabrication ; il est un lieu de lutte et de convivialité, hors du circuit marchand", ils sont aujourd'hui menacés d'expulsion par la Mairie de Paris. Ce concert était donc organisé en soutien à cette structure dans le but de récolter de l'argent. Toutefois, en respect des principes fondateurs de la structure, le prix était libre et ouvert à tous. Se croisait alors des fans de doom, de grind, des punks et leurs chiens (qui suivaient docilement leur maître) tout au long d'une soirée à l'atmosphère où se croisaient pourtant deux vitesses diamétralement opposé : très rapide pour Desecrator et extrêmement lent pour Monarch!

Sortant de répètition je n'ai pas pu assister à la toute première partie assuré par Black Widow et ma soirée commença donc avec Desecrator. Le grindcore très traditionnel (dans la veine des débuts de Napalm Death) de ces parisiens satisfait les punks, crust et autre amateurs d'excès de vitesse. La basse sature par contre beaucoup trop et fait perdre en puissance aux riffs. L'énergie n'est pourtant pas des moindres et sans comprendre quoi que ce soit le sourire vient et la tête de bouger en rythme avec les explosions des baguettes contre les toms et les cymbales. Rien ne distingue Desecrator d'autres groupes du genre en dehors du fait qu'ils font ce qu'il faut, là où il faut et avec l'énergie qu'il faut.

Arrive enfin sur scène la raison de ma venue. Le 23 juin 2008, en ouverture d'Overmars au Point Ephémère, j'étais tombé raide dingue de ce quatuor de Bayonne resté à l'abri des rayons de soleil de la région et parti rejoindre les abimes de Khanate et de Moss. Mon obsession avait alors pris de l'ampleur et j'avais pratiquement tout collectionné et écouté avec attention sans que l'impact des basses sortant de mes maigres enceintes avait pu atteindre l'explosion nucléaire du concert auquel j'avais assisté. Deux ans plus tard me revoilà donc devant la scène a observé le même trio que j'avais alors vu mais avec un nouveau batteur, tout droit venu d'Australie, recruté après le décès de Grey Daturas (avec qui Monarch! a partagé un split). La chanteuse, passé de rousse à blonde, prépare un matériel impressionnant posé sur une table et les amplis sont triturés avec l'intention d'un duo de cuisinier manipulant avec parcimonie les condiments au dessus de leurs marmites.

Un membre de la C.I.P. intervient en ouverture, explique les raisons de ce concert, puis laisse très vite la place au quatuor. Bayonne / Melbourne connexion. La basse grossit et la première frappe sonne. Les instruments reste en suspension dans les airs, le bassiste (chef d'orchestre) indique au batteur quand repartir et la frappe de repartir en laissant toujours sonner la distorsion le plus possible. Le rythme n'est pas seulement lent, il est éléphantesque. Une tortue des Galapagos pourrait battre de vitesse les riffs de Monarch! mais elle serait très vite rattrapé par la vague de son qui la recouvrirait bien vite. Rien ne sert de courir, il faut frapper à point. A l'inverse de Desecrator, Monarch! manipule la puissance avec calme et patience. Nuageuse, le chant d'Emilie constitue la seule touche mélodieuse mais en aucun cas apaisante. Rien ne vient interrompre la tension crée par ces quatre instruments. Doucement, les cordes s'acheminent vers un riffs doom au bout d'un quart d'heure de musique et Emilie d'hurler à plein poumon que l'on imaginerait pas capable de déchainer tant de violence depuis le tee shirt Celtic Frost taille S qu'elle porte.

Les deux faces de Sabbat noir interprétés ce soir montre donc une évolution majeur pour Monarch! Un tempo un peu plus rapide et un riff épais là où il n'y avait que de la déstructuration et des secousses de distorsion articulés avec le raisonnement des claquement de baguette et des hurlements que l'on aurait peine à attribuer à cette figure de proue aussi charmante que terrifiante quand elle porte un micro à ses lèvres. Le nom du disque convient aussi très bien à cette évolution tendant de plus en plus vers les raisonnement d'une cérémonie occulte sans aucune prétention religieuse. La noirceur est émotionnelle et d'autant plus efficace qu'elle parle à chacun mais effraie tout autant et ne plaira donc qu'à ceux que l'effort de domestiquer cette abstraction sonore n'effraie pas. Reparti avec le vinyle de ce duo de morceau, j'ai eu plaisir à redécouvrir chaque mouvement une fois chez moi tout en regrettant qu'il me faudrait encore attendre pour revivre une expérience d'une telle puissance.

Monday, April 12, 2010

Thrones + Nadja + OVO @ Les Instants Chavirés le 11/04/10

Habitué à abriter les évènements arty, l'arrivée sur la scène des Instants Charvirés d'un couple habillé de tissu noir, d'une cagoule pour l'homme et d'un masque accompagné de petites oreilles de chèvres faites maisons, sonnant clochette pour annoncer leur monté sur scène, a tout-de-même de quoi surprendre. OVO est un duo basse batterie italien venu recréer sur scène son sludge à tendance expérimental et parfois aussi bancale. Le batteur, imposant, se place derrière son minuscule kit de batterie et frappe avec puissance et précision le même rythme pendant que sa compagne frappe ses cordes vrombissantes avec une voix mi chanté, mi hurlé aux accents chevrotant (on comprends mieux la présence d'oreilles sur sa tête).

Si il fallait faire plus étonnant alors il n'y avait plus qu'à attendre que le bonhomme quitte son quitte et parte derrière sa compagne pour glisser ses dreadlocks sous sa tunique ... puis repartir. Le reste du concert sera un tantinet plus rock avec des morceaux plus court et plus rapide. La basse remplit bien l'espace sonore que les frappes martelés perces sans peine. D'un point de vue sonore il y a quelques bonnes idées qui ont le mérite d'être visuellement originale (comme quand la bassiste posera son instrument pour saisir un archet et créer des sons en le frottant contre ses longues dread locks. On ne peut douter de la passion que le couple met dans son spectacle mais plutôt de sa pertinence en dehors de la scène. Passé le visuel, il n'y a pas grand chose à écouter qui ne puisse valoir le détour si l'on a pas la représentation atypique devant les yeux. Le ton ne sera pas donné non plus par cette performance car elle restera la plus visuel des trois.

Le second couple a monter sur scène est celui de Aidan Baker et de Leah Buckareff sous le nom de Nadja. Sans costume ni artifice, la lumière s'éteint et le mélange de nappe shoe gaze et de drone de la guitare et de la basse, augmenté de quelques effets déposés sur la table à côté de laquelle ils jouent, ainsi que d'une boite à rythme, prend progressivement de l'ampleur. Pendant une seule petite demi-heure le couple prendra possession de l'attention malgré le peu de stimulus visuel que propose leur concert. Seulement deux titres, alors que le duo a à son actif une bonne quinzaine d'albums, allongés et triturés en conservant toujours une trame mélodique prenante, exécutés sans communication avec le public et quelque petits passages chantés par Baker que le micro ne laissait que peu entendre sous les couches de sons. Deux morceaux et pas de spectacle mais du son superbe et fascinant dont on mangerait tout les jours.

Enfin, je ne savais pas quoi attendre de la performance de Joe Preston dans Thrones. Avant le début du concert on m'avait parlé d'une performance précédente où l'homme s'était éclipsé au bout de vingt minute de concert "car il était fatigué par le voyage". Je n'avais aussi qu'un souvenir vague de son disque, "Day late, dollar short", écouté il y a facilement trois ans et jamais plus écouté ensuite (j'étais venu voir Nadja ce soir, pensant même qu'ils seraient en tête d'affiche). La montée sur scène de Preston était donc encombré de question jusqu'à ce qu'il vienne les dissipé avec sa basse, ses effets et sa boite à rythme.

Poussé à bloc, les rythmes rock et sec rapellent Godflesh tandis que la basse gonflé et les lignes de chant font penser aux Melvins (groupe dont il a fait partie il y a bien longtemps). La fusion des deux est inattendu et pas très bien rendu passé l'effet de surprise. Deux morceaux et ensuite un trip drone qui s'éternise avant de revenir au rock mécanique fort en basse. La batterie est très bien programmé et l'homme joue parfaitement en rythme sauf que sa voix monotone ne comble pas l'absence de mélodie et qu'aussi bien composé puisse t'être un titre rock joué à la boite à rythme, cela reste très mécanique. Il aurait surement fallu un batteur pour donner de la pêche à ce concert, coincé entre un homme raide au milieu de la scène et des vagues de son, massif mais dénué de groove. Quelque regret et seulement le plaisir d'avoir assisté à une curiosité.

Joe, lâche la mécanique et appelle un pote ! Ca prend plus de place dans le van mais ça tient plus compagnie sur la route et sur scène! Merci tout de même à Nadja d'avoir sauvé ma soirée.

Sunday, March 14, 2010

Far - Water & solutions (Immortal/Epic) 1998


Nous sommes en 2010 et j'ai commencé à me passionner pour la musique en 1998, année de sortie de ce disque. Cela fait donc exactement que j'évite soigneusement cet album. Je sais d'où vient le groupe (Sacramento, fameuse ville des Deftones). Je sais qu'ils sont amis avec mes deux groupes favoris de cette ville, les Deftones et Will Haven, qui portent ce disque dans leur coeur. Pourquoi n'ai je alors pas pris le temps de tendre une oreille, même distraite, à ce que contenait cet album? Peut-être est ce la signature sur Immortal, label de Korn et d'Incubus à leurs débuts, et que je pensais avoir atteint mon quota de groupes néo metal (après avoir écouté bon nombre de merde, de sous merde et de sous sous merde dans le genre)

Far n'a pourtant rien d'un groupe de néo metal. Leurs influences principales sont évidemment Quicksand et Failure dont ils tirent cette passion pour la mélodie fragile sur lit de guitares à la fois légères et saturés. Water & Solution préfigure l'émo dans tout ce qu'il a de sensible et de poignant. Jonah Matranga pose d'une voix souple et tendre des textes à la fois mature et adolescent. Des souvenirs d'un été californien, morose et ensoleillé tout à la fois. Water & solution glisse et joue des remous pour marquer l'auditeur de manière indélébile. Une écoute suffit pour que les guitares saturés et la touche de violon remixé se scotch dans votre tête. Le reste de l'album fera de même. Pas d'autres issus possibles. Water & Solutions rend simple la conception de chansons imparables.

De nombreux détails en font aussi bien plus qu'une collection d'accidents heureux. La production savante de Dave Sardy contribue largement en aérant chaque instruments. Les frappes de batterie entrecoupe alors les respirations de la guitare de Jonah Matranga qui a, lui aussi, l'oreille et le touché parfait pour les mélodies légères pour une symbiose constante entre tout les musiciens. Chaque titre se veut aussi bien différent et aucun ne souffre donc qu'une comparaison ou d'un manque de souffle. Les titres composés s'efface les uns après les autres avec modestie, sans s'attarder de trop, pour que chacun ait sa place sous le soleil.

Le sommet aura été atteint sur douze morceaux et le groupe de se séparer ensuite pour des carrières solos. Les voilà revenu en 2010 pour un nouveau disque qui ne devra pas faire la maladresse d'entacher ce petit moment de perfection. Douze ans pour le découvrir et pas une ride. Un album très adolescent dont on pourrait pas avoir honte après tant d'années. Un disque que je ne regrette de ne pas avoir sous la main pendant tout ces étés fatiguant, brillant d'une douce tristesse amoureuse, mais qui me fait rattraper le temps en évoquant autant les années passés que le future. Immortel. Le label ne l'aura pas été mais ce disque l'est.

Atari Teenage Riot - 60 second wipe out (DHR Recording)


Annoncé cette semaine au festival de Dour, la reformation d'Atari Teenage Riot surprend puisque le groupe était mort et enterré pour tout le monde depuis le décès par overdose de l'un de ses membres, MC Clark Crack (on ne s'attardera pas sur l'ironie de la situation). Restait donc Alec Empire, occupé par sa carrière solo, Hanin Elias, occupé par sa vie de famille et Nic Endo, toujours au-côté de Empire, derrière les machines, mais ceux-ci avait juré leurs grands dieux de ne pas faire revenir sur le devant de la scène le monstre qu'était Atari Teenage Riot. Preuve qu'il ne faut jamais dire jamais. Mais en quoi est-ce une bonne nouvelle?

Née des influences punk et de l'immersion dans la culture transe et techno hardcore allemande, Atari Teenage Riot a toujours eu pour objectif de produire un chaos musical capable d'attirer l'attention des gens sur leurs opinions politiques. Leur premier single marquait déjà le pas en s'intitulant "Hunt down the nazis" dans le but de marquer leur opposition aux mouvements d'extrême droite qui prenait alors une place trop importante dans la scène techno allemande. Ils continuèrent ensuite de produire des disques aux paroles toujours aussi évocatrices ("Deutschland has gotta die!" ou "The future of war") mais sans aucune volonté de provoquer inutilement. Contrairement à bons nombres de groupes d'adolescents dont le port d'un tee-shirt invoquant Che Guevara n'est qu'un prétexte pour faire hurler les parents, Atari Teenage Riot a toujours agis en suivant un code de conduite stricte.

Autant influencé que par le punk des Sex Pistols que la techno hardcore et la drum and bass, Atari Teenage Riot se place dans la même lignée que Pitchshifter ou les Mad Capsule Markets en mariant l'intensité de la musique électronique à des textes anarchistes et un jeu de voix emprunté aux Beastie Boys. Il n'est donc pas surprenant que durant leur carrières ils aient partagés la scène avec eux, ait été distribué par leur label, Grand Royal, et ouvert pour le Wu-Tang Clan et Nine Inch Nails. Sur 60 seconds wipeout, le dernier disque qu'ils aient produits ensemble (jusqu'à leur retour aujourd'hui avec un nouveau MC) , leur son se fait plus rock et moins électronique en présentant toujours les marques de la culture transe qui animent le spectre punk des guitares.

Tout est démembré chez ATR pour que rien ne soit reconnaissable derrière la barrière de distorsion où s'affrontent les voix et les battements. Les paroles hurlés sont scandés par chacun comme des slogans politiques et des incitations à la révolte et à la danse. A se demander comment pouvait être retranscrite en studio cette énergie live décuplés sur scène? Agissant comme un collectif, les morceaux sont écrits par différentes personnes et en compagnie de différents intervenants allant d'un membre du groupe de rap The Arsonists à Dino Cazares, artistant du cyber metal au sein de Fear Factory. Pas de têtes pensantes. Nic Endo, Alec Empire et Hanin Elias collaborent ensemble avec comme seul absent notable MC Carl Crack dont la participation se limite à ses textes.

Alors, bonne nouvelle? A savoir maintenant si l'intensité des prestations d'Atari Teenage Riot et l'engagement de ceux-ci sera encore d'actualité pour rendre au quatuor allemand sa superbe et ne pas entacher la réputation d'indépendance et d'intégrité qu'ils ont construit jusqu'à alors. Pour avoir influencé l'un des meilleurs groupe de fusion japonaise, The Mad Capulse Markets, et avoir participé à l'émergence du breakcore, Atari Teenage Riot a déjà acquis une place dans l'histoire de la musique contemporaine. L'un des meilleurs alternatifs à l'alternatif. Onze ans après sa publication, 60 second wipe out continue de résonner comme un signal d'alarme et un cri de révolte mature et intense qui n'a absolument rien de nostalgique. Gageons que leur retour ne l'est pas non plus et qu'ils auront beaucoup à dire ensemble.

Sunday, March 07, 2010

Isis - Celestial (HydraHead) 2000


Au plus récent concert d'Isis à la Maroquinerie, après un set monstrueux retraçant la majeur partie de leur discographie, le groupe revint faire un morceau d'Oceanic et un autre de Celestial. Introduit par un "This is for old friends" de Aaron Turner, le riff massif de la chanson éponyme fit onduler les têtes de toute l'assemblée. A croire que tout les vieux amis sont encore dans le public et se souviennent bien de la fournaise qu'était Isis avant que les braises ne rayonnent de lumière apaisantes sur "Panopticon" et "Wavering radiant".

Auteur à l'époque d'un album et d'un EP plus sludge que post quelque chose, The Red sea et Mosquito control, Isis maitrise de plus en plus leurs influences principales, Godflesh et Neurosis, pour concevoir une forme de sludge foncièrement différente. Les textures post industriel de Godflesh rejoignent les rythme tribaux de Neurosis dans des vagues de guitares écrasantes où la voix n'intervient que comme une lointaine plainte ou de puissant cri déchiré que l'on perçoit à travers la montagne de distorsion que produit les instruments. Les paroles sont imperceptibles bien qu'un concept pointe au loin dans les interludes ambiant où les touches d'un clavier résonnent avec l'éclat des gouttes d'eau avant que ne reprennent la transe brulante de ces riffs rougeoyant que l'on qualifiera de post hardcore, faute de mieux.

D'ailleurs pourquoi post hardcore? Post par analogie avec le post rock de Godspeed you, Black Emperor! et Mogwaï aux compositions aérienne largement instrumentale et hardcore à cause des racines des musiciens dans la scène hardcore. En réalité, celles sont bien minces et le terme a surtout été imposé au groupe à cause de leur lien avec Neurosis (le EP Sign05 est sorti sur leur label, Neurot Recording) dont les racines viennent effectivement du hardcore (du moins, pour ce qui est des albums Pain of mind et The world as law). L'étiquette post metal est maintenant employé et convient juste un peu mieux pour les décrire. Celestial est surtout le produit d'une prise de conscience par des musiciens qu'ils étaient insatisfait de ce qu'ils entendaient autour d'eux et qui ont par conséquent pris sur eux de composer un univers musical qui leur convenait.

Lourd mais aussi léger par moment, sombre et mélancolique tout en rageur et désespéré, Celestial est aussi un disque dont la conscience artistique est très forte. Cohérent dans son ensemble, les marques d'un concept sont donnés. Les titres des morceaux et la pochette sont laissés à l'interprétation (une jeune femme plongé dans l'eau, un corps abandonné au fond marin ou une simple plongée sous marines pour découvrir de nouveaux paysages?). L'identité visuel d'Isis est aussi très forte du fait des talents de Aaron Turner en tant que graphiste (le design des albums paru chez HydraHead et ceux d'Isis sont pour la plupart de ses oeuvres). Ni metal, ni hardcore, Celestial ne souffre d'aucune étiquette et montrera le chemin pour des groupes à travers le monde jusqu'à devenir la figure de proue d'une esthétique et d'un genre mal dégrossi allant de Cult of Luna à AmenRa en passant par Tombs et Year of no Light. Celestial est aujourd'hui le gospel par lequel des centaines de groupes s'expriment tandis qu'Isis a continuer ses routes loin de ses sentiers qu'ils ont eux-même battus pour en créer de nouveaux.

Cave In - Until your heart stops (HydraHead) 1998


Je m'en souviens comme c'était hier. J'allumais la télévision pour me détendre et en zappant sur France 2 je tombais par hasard sur un petit segment présentant un groupe. Cave In était à la une et la voix off fit résonner ses quelque mots dans l'espace temporel de la télévision française : "d'abord un groupe de hardcore chaotique ...". C'était fini. Les mots "hardcore chaotique" avait été prononcé pour la première, et surement la dernière fois, sur une chaine public. L'album présenté était alors Antenna, le seul disque paru chez la major RCA / BMG avant qu'ils ne retournent sur le label indépendant HydraHead (fondé et géré par Aaron Turner de Isis) où le reste de leur discographie est paru.

Aujourd'hui le cul entre deux chaises, le rock progressif et aérien et des racines hardcore chaotique, Cave In a commencé sa progression vers de nouveaux territoires sur un disque devenu maintenant mythique, Until your heart stops. Avant cela, Beyond hypothermia collectait les différents morceaux enregistrés avec différents hurleurs, tandis que le guitariste / chanteur, Stephen Brodsky entrecoupait de mélodies très Radiohead les riffs metal incisif qu'il tissait avec des autres compagnons en compagnie d'une section rythmique qui ferait envie à beaucoup de groupe en la personne de John Robert Conners et Caleb Scolfield (Zozobra, Old Man Gloom). N'est pas Cave In qui veut. Curieusement cohérent et constitué de titres tous plus diablement puissant que les autres, Beyond hypothermia montrait que le groupe possédait déjà plusieurs facettes mais surement pas autant qu'ils n'en montreront par la suite.

Until your heart stops est d'une part beaucoup plus metal que son prédécesseur. Voisin de pallier de The Dillinger Escape Plan et Converge à leurs débuts, Cave In déménage vers plus d'expérimentation, plus de mélodies et ajoute même des interludes noise. Le riff d'ouverture de "Juggernaut" partage encore quelque meubles avec "The Saddest day" de Converge tout en y ajoutant un chant clair extrêmement maitrisé et des influences rock et folk que Stephen Brodsky étalera par la suite beaucoup plus sur les albums suivants du groupe ainsi que dans ses différents side project (Stephen Brodsky, Octave Museum, Stove Bredsky). Celui-ci doit pourtant aussi assuré les hurlements d'un chanteur parti avant l'enregistrement du dit disque. Ce départ le forcera a hurler à plein poumon pendant les tournées suivantes et le convaincront de ne s'adonner qu'au chant clair et d'abandonner leurs influences plus metal et hardcore, du moins pour quelque temps.

Décrit par le magazine Kerrang! comme un compromis entre Slayer et Radiohead. Until your heart stops n'est pas la réalisation d'une équation maladroite mais d'un mariage assumé entre l'énergie et la mélodie sous la bannière de l'intensité. Un Rubix cube d'influence que l'on aura beau tourner dans tout les sens sans arriver à ce qu'une couleur domine sur aucune des facettes. Comme tout les grands disques, celui-ci est un tout cohérent dont un tour d'horizon complet du début à la fin est nécessaire pour pouvoir dessiner le portrait complet dressé par ces quatre musiciens dont la carrière continue encore de produire de nouveaux morceaux. La puissance de Until your heart stops ne sera jamais atteinte de nouveau, du moins jusqu'à présent, mais le groupe s'en fiche car leur musique à ensuite explorer bien d'autres territoires que ceux déjà imposant de cet album composé en 1998. Un classique incontournable.