Sunday, October 10, 2010

Floor nettoie du sol au plafond et tes oreilles aussi par-dessus le marché


Le manque d'inspiration pour les noms de groupes devient gravissime, peut-être même le problème le plus insoupçonné de ce début de siècle. Pneu, Peur, le Pègne (rien encore d'enregistrer pour ces derniers, c'est même surement la première fois que le groupe est mentionné) ou Floor, Sol en français. Quand on en arrive a ne pas avoir assez d'imagination pour en être réduit a prendre comme nom ce qui nous tombe sous les yeux quand on les baisse, on en arrive à être nostalgique de l'époque où nos ancetres prenait trop de drogue, se plongeait dans des bains d'éther finissait par choisir de s'appeler Creedence Skywater Revival pour aucune autre raison que "tu vois, ça sonne cool mec ... tu peux me passer la bière ?".

Floor n'a donc pas eu pour lui d'être un groupe au nom iconique et imaginatif. Pour autant, son choix était on ne peut plus raisonné car ils ont surement fait trembler plus d'un plancher rien qu'en branchant leurs instruments. Autant dans les riffs que dans la rythmique, Floor donnait tout son sens à l'adjectif pachydermique. A une autre époque, leurs morceaux auraient attirés des troupeaux de femelles en chaleur venus vérifier si il ne s'agissait pas d'un de leur congénère en train de leur faire la cours. Mieux encore, arrivé à la salle, elles seraient surement resté, charmés par les atout du groupe, lourd et pourtant accompagné de mélodies empruntés au Beach Boys.

De quoi faire sortir des mammouths femelles de l'ère glacière et leur donner envie de faire des virées en Cadillac sur la route 66. Floor c'était le mouvement lent et perpétuel des cheveux d'avant en arrière accompagné d'un sourire niais et joyeux de celui qui apprécie les mélodies légères et enthousiasmantes. Tu n'échappes pas à Floor, tu les découvres un jour par hasard et tu restes accrocher à eux jusqu'à la fin des temps.

La preuve, la réédition de leurs disques en vinyl, accompagnés des démos et de plusieurs live, s'arrachent encore à prix d'or dans les distros alors que ce packaging digne de ce mastodonte coute la modique somme de 249$ (sans compter les frais de port). Tout ce qu'il est nécessaire d'avoir quand on est un fan de la première et de la dernière heure et que l'on veut revivre encore et encore la belle époque où Floor nettoyer le parquer avec quelques cordes.

Alors que sont-ils devenus ces enfants de Black Sabbath et des Beach Boys surdosés au plomb? Ils sont préférés continuer a foutre leur vie en l'air à coup de décibel et former, Torche. De Floor, il ne reste par contre plus que le chanteur/guitariste puisque le second guitariste s'est barré depuis. Pas de problème, le nouveau continue de semer la bonne parole des mélodies ensoleillé et de l'overdose de basse sur riffs gras. Ca roule plus vite, ça fait moins trembler les murs mais on a envie de sauter sur place et de sourire comme un gamin en les voyant s'éclater à faire leur rock and roll. Ils n'ont peut être plus l'imagination de leurs grands-pères mais ils ont tous les riffs, les mélodies et l'attitude nécessaire pour s'en passer.

Sunday, October 03, 2010

The Dillinger Escape Plan + Cancer Bats + The Ocean @Trabendo le 01/10

Après avoir accueilli le plateau de groupe mené par Converge, voilà que le Trabendo héberge un autre leader de ce que l'on a appelé le hardcore chaotique et qui, dans le cas de the Dillinger Escape Plan, est maintenant du metal chaotique et progressif. Deux groupes ayant tracés leur propre route qui se sont transformés et modifiés le paysage musical par leur attitude. Aujourd'hui avec seulement un membre originel, après quatorze années d'activités, ils sont accueillis comme des héros par un public hétéroclite qui s'est presque intégralement renouvelé depuis leur début, à en juger par les têtes de vingtenaires qui m'entouraient.

The Ocean aussi aura bien changé au fil du temps. Depuis leur mythique passage au Batofar avec sept membre, il ne reste plus que le seul compositeur Robin Staps aux commandes avec quatre autre membres pour jouer un metal progressif matiné de post hardcore ne portant plus que des traces des arrangements classiques du collectif à l'époque de Fluxxion ou du son massif et complexe d'Aeolian. Pire encore, l'interprétation de The City in the sea de ce même disque passerait presque pour une reprise tant le son et le jeu n'a plus rien à voir avec ce dont The Ocean était capables à l'époque. La chute continue donc pour The Ocean, tout du moins dans mon estime. Le mythique concert du Batofar est bien loin devant une prestation propre et efficace, correct au regard des nouveaux objectifs fixés par cette nouvelle formation au chanteur à la voix claire maitrisé, mais dénué de force et de présence vocale quand il s'agit des growls. Reste toutefois des interprétations très satisfaisante de titre de Protezoroic (Orosirian - For the great blue cold now reigns) et une formation des plus compétente pour une ouverture de concert devant un public encore très clairsemé.

Cancer Bats rassemble des fans beaucoup plus enthousiaste pour une ration de mélange stoner servis avec l'énergie d'un groupe de hardcore. La subtilité est rangé dans un coin, attendant le concert de Dillinger Escape Plan, pendant que les quatre canadiens prennent possession de la scène et du public avec une attitude de metalleux en furie pour un concert croisant le carré et le cradingue avec des riffs groovy et des paroles que l'on a plaisir en reprenant en choeur en levant le poing. Rare sont les occasions de voir une fosse aussi bon enfant s'amuser sans que les attitudes de gros lourd prennent le pas sur l'enthousiasme des fans.. Pas de reprise des Beastie Boys ou de Dead wrong mais pas de déception non plus quand sont joués We aer the undead, Sleep this way, Trust no one, Lucifer's rocking chair et Hail destroyer en conclusion.

Le public est maintenant suffisamment chauffé pour que The Dillinger Escape Plan viennent achever le travail. La salle est alors bien remplit et une bonne partie a pris position dans la fosse maintenant blindé à rabord. La musique d'introduction retentit et le premier titre déçoit tout en mettant la barre haute niveau énergie. Déception car les guitares ne se font tout simplement pas entendre! Pourtant, un début avec juste en basse, batterie et voix n'empêche le public de reprendre les paroles et de lancer la machine. Le son se rétablit ensuite sur le titre suivant et tout ira mieux par la suite. Je ne résiste ensuite pas plus longtemps et je rejoint le public dans la large fosse du Trabendo pour me remuer de concert et réceptionné tout les slammeurs, dont Ben Weinman et Greg Pucciato a plusieurs reprises.

Les titres de Option paralysis (Farewell Mona Lisa, Gold teeth on a bum et même Parasitic twins) ressortent encore mieux en concert que sur disque et se distinguent bien des précédentes avec leur jeu plus metal et leurs refrains mélodiques bien plus travaillés que ceux d'Ire works, toujours aussi rock et entrainant par rapport au reste de la discographie. Sugar coated sour rend épileptique ceux qui ont assez de places pour bouger, l'enchainement Panasonic youth et Sunshine the werewolf me rappelle à quel point Miss machine est toujours un excellent disque. d'Ire works, ce seront Fix your face, Milk lizard, Black bubblegum et Mouth of the ghost auxquels nous aurons droit. La set list n'a donc pas grande différence avec celle de la Maroquinerie et pourtant le concert en ressort bien plus impressionnant et imprévisible. Si les années de monte en l'air et d'agression sont derrière eux, Dillinger reste une machine bien huilé et surtout très enthousiaste à jouer sur scène. Peut-être est ce aussi parce qu'il s'agit de la première date de leur tournée européenne, mais les cinq semblent bien plus en forme qu'en début d'année.

Enfin, alors que le concert s'achève avec l'habituel 43% burnt, une demoiselle monte sur scène pour rouler un patin à Greg Pucciato. Celui-ci repousse un peu la dame comme un gentleman, pensant surement à ce que penserait sa compagne si elle le voyait sur youtube ou en photo dans une telle situation. Il est toutefois amusant de penser qu'un groupe qui a écrit deux albums portant sur des ruptures difficiles, bien qu'écrit par deux chanteurs différents (Calculating infinity et Miss machine) a maintenant droit aux faveurs d'une adolescente. Après une performance en février où j'aurais juré que le groupe était trop rempli d'automatisme pour être surprenant, je suis maintenant impatient de les revoir encore quand le public et le groupe se conjugue autant pour faire d'un bon concert une expérience des plus mémorables.

Ozzy Osbourne + Korn @ Bercy - Le concert des stars sur le retour

On peut être invité et rester honnête sur ce que l'on vous sert, quitte à ne pas avoir une deuxième occasion, faute d'avoir était un peu hypocrite et d'avoir rit aux blagues Carambar de votre hôte, avalé le plat réchauffé au micro-onde que l'on vous a servit comme une recette de grand-mère et même embrassé la dite grand-mère aux dents jaunis. Etant ce genre de personne, incapable de se la fermer et de vous dire gentillement que, oui, votre plat est très bon, et que, non, il n'en reprendra pas par peur d'être trop gourmand, quand tout porte à croire que la table entière va devoir se lever un à un pour aller doucement vers les toilettes pour se débarrasser d'une manière ou d'une autre du plus de bouché possible, vous pouvez me croire quand je vous dit que même en ayant été invité à ce concert d'Ozzy, sans être fan et sans avoir aimé le dernier album, je me suis vraiment amusé.

Arrivé en retard en attendant le compagnon a qui j'avais offert le deuxième ticket que l'on m'offrait pour cette soirée à Bercy, je rentre dans la salle quand Korn entame son deuxième titre. Energique, les trois membres restant fond bien le show tandis que le deuxième guitariste, toujours caché derrière les retours, bougent aussi comme si il était en première ligne. Oui, Head est parti, il va falloir vous y faire, et je ne parle même pas du public mais du groupe en lui-même. Combien de groupes conservent tout les membres originels tout au long de leur carrière? Quel honte, et quel intérêt marketing, il y a t'il, à ne faire des photos promos qu'avec les trois lascars restant originaire de Bakersfield? Surtout quand les remplaçant sont plus que des cache misère, même aux yeux d'un ancien fan qui a mis derrière lui il y a bien longtemps son obsession pour Jonathan Davis et les traumas auxquels ils continuent de s'attacher comme d'un doudou que l'on a eu peur d'abandonner de peur de ne pas se réveiller.

Toujours fringué en Adidas, Davis assure ses lignes vocales avec une clareté dont je ne le pensais pas encore capable. Ses cris par contre son des plus faiblards mais là, rien de surprenant, vu le peu d'émotion qui se dégage de lui quand le groupe interprète des titres on ne peut plus rodés comme Blind, Got the life, Freak on a leash ou Falling away from me. Comme prévu, le morceau le moins intéressant est celui du dernier album, Oildale (leave me alone), avec sa conclusion ridicule illustrant parfaitement le malaise auquel s'accroche désespérément Korn alors qu'il devrait se tourner vers l'avenir qu'était Untouchables.

Contrairement encore à ce que je m'attendais, le son est correct pour une salle aussi critiqué que Bercy, hormis les infras basse en surcharge de la double grosse caisse. Le batteur remplaçant David Silveria, partit vendre des sandwichs, se débrouille suffisamment pour que son solo de batterie, bien qu'inutile, soit sympathique. Toutefois, quand le concert se termine et que Davis remercie le public en disant "You've been an amazing crowd", un arrière gout de déprime m'envahit en voyant un groupe qui a été une figure emblématique de plusieurs générations en être réduit à ouvrir pour Ozzy Osbourne dans un Bercy encore peu remplit. Bien que n'étant plus fan, j'espère voir prochainement Korn revenir à un succès plus honorable, rien que pour ne pas a grincer autant des dents en entendant ce qu'ils sont seulement capable de composer aujourd'hui.

Les lumières se rallument et l'entracte peu commencer en attendant l'arrivée d'Ozzy. Pendant ce temps, la salle se remplit de plus en plus et même si beaucoup de sièges sont encore vides, la fosse est convenablement remplit quand le clown commence a arranger le public depuis les loges en chantant "Oh hey oh hey oh hey". Ambiance de stade, les lumières s'éteint et le spectacle peut commencer avec un Ozzy en forme pour un bonhomme qui ne devrait plus tenir debout à son âge, et surtout après autant d'excès. Sa survie est un miracle de la science et tiens surement, comme il le dit, au fait que même si il est aujourd'hui clean, il reste complètement fou.

Toutefois, il s'agit de folie de grand spectacle. Le bonhomme balance des seaux d'eau aux spectateur, les arrose avec une lance à incendie, s'en met même aussi sur le visage, et fait donc courir l'assistant chargé d'essuyer les retours et de recharger les seaux. Les nouveaux musiciens de son groupe sont parfait pour interpréter le répertoire du chanteur, et un peu moins quand il s'agit des titres plus blues et plus lourd de Black Sabbath. Les solos de guitare fusent avec vitesse sous les doigts de Gus G sans atteindre le feeling et l'attitude de ses prédécesseurs (Zakk Wylde ou Randy Rhoads). Il en est de même pour le bassiste et le batteur dont le solo, qui, tout comme celui du batteur de Korn, prouve ses capacités, n'a rien d'extraordinaire en comparaison avec Mike Bordin (Faith no More et Korn, fut un temps).

En fait, si musicalement il ne se passe rien de magique, la présence scénique d'Osbourne suffit à animer le public, du fan à l'observateur dubitatif que je suis. Trois titres suffisent à me convaincre et j'applaudis alors de bon cœur aux pitreries tout en reprenant en choeur les refrains dès que je les ai en tête. La musique des albums solo d'Ozzy convient parfaitement à une ambiance de grande salle. Quand aux titres de Sabbath, même interprété par des musiciens d'un niveau inférieur, ils sonnent toujours comme les classiques intemporels qu'ils sont. Reste donc la question du prix et de la salle: Pourquoi cette salle quand le nombre de fan n'était évidemment pas suffisant pour la remplir et que les places se vendaient à prix tranchés avant le début du concert (de 65 euros en gradin à 30 euros quand on patientait un peu). En revanche, le concert aura duré moins d'une heure et demi et ce n'est pas souvent que j'ai eu droit à un tel temps de jeux (peut être aussi parce que tout les concerts où je vais sont donnés par des groupes avec moins ancienneté et dans des salles beaucoup plus petites). Même après un week-end et une journée éreintante, Ozzy m'aura fait passer un bon moment et en cela je ne peux que le remercier. Un bon mélange d'entertainment à l'américaine avec ce qu'il faut de titres efficaces.

Sunday, September 26, 2010

Mathcore, progmetalchaotique, hardcore technique chaotique ça se dit simplement the Dillinger Escape Plan

Converge, Cave in, Botch, Coalesce, the Dillinger Escape Plan, voici le grand quintet des influences dans ce que l'on appelle le hardcore chaotique. Or, the Dillinger Escape Plan, devenu plus un groupe de metal progressivo chaotique au fil du temps, retourne en France ce 1er octobre, avec The Ocean et Cancer Bats en ouverture. Il n'y a donc pas de meilleur occasion possible pour parler d'eux et de leur évolution.

Quand, en 1999, Calculing infinity vit le jour de dessous le giron de Relapse Records, les quatre membre de the DEP, mené par un autre hurleur qu'aujourd'hui, le menaçant Dimitri Minakis dont la réputation scénique fait encore fantasmer les nostalgiques de l'époque où le groupe était encore une sensation underground à la réputation folle et venimeuse, entraient par la grande porte avec un classique instantané fait d'une énergie prise dans un hardcore possédé à la Deadguy et Rorscharch et une complexité emprunté à la fois au metal progressif d'Atheist et au free jazz de la fin de la vie de John Coltrane. Avant cela, le EP Under the running board avait déjà préparer le terrain avec trois titres fulgurant et un clip pour The Mullet burden comme témoignage de l'attitude scénique d'un groupe de loups affamés jouant devant un public à la fois enthousiaste et terrifié.

Plus de dix ans après, Calculating infinity est toujours le seul album sur lequel tout les fans du groupe s'accorde pour dire qu'il est l'un de leur chef d'oeuvre. Par la suite, un EP avec Mike Patton, Irony is a dead scene, inquiéta les plus accrochés au Dillinger d'antan jusqu'à ce que Miss machine finisse de fâcher tout ce petit monde qui les avaient défendus comme des héros de la scène metal underground. Le mot était lancé : refrain. De quoi faire détourner le regard de certains et attirés d'autres. Unretrofied et Setting fire to sleeping giants enterrèrent le Dillinger d'antan et le tourna vers un futur d'expérimentation faisant honneur à leurs influences progressive, en tout en conservant la folie, toutefois tempéré, de leurs débuts et une attitude scénique qui continuait de faire parler d'eux comme l'un des groupes les plus fou et incroyable a voir sur scène.



2007 arriva et deux départ firent douter les nouveaux fans. La mis machine allait être survivre à la disparition d'un batteur, Chris Pennie, fatigué partit jouer avec Coheed and Cambria, à la surprise de tous, et un guitariste remplacé, Brian Benoit, car incapable de jouer à cause d'importante blessure au bras. Ire works allait toutefois voir le jour et continuer dans la direction qu'annoncait Miss machine. Toujours plus d'expérimentation et un rythme différent de celui de la tornade technique de Chris Pennie car augmenté d'un sens du groove implacable que le dénommé Gil Sharone avait acquis en jouant dans des groupes aussi différents que le cirque metal de Stolen Babies ou en remplaçant le monstrueux Travis Barker (Blink 182, the Transplants) dans +44 en tournée.

D'albums en albums, l'évolution du groupe tendait de jour en jour à ressembler à celle de Faith no More dans une capacité a convier l'expérimentation, l'originalité a des compositions de plus en plus accrocheuses. Une capacité dont on aurait pas cru capable le monstre de folie et de rage des années Under the running board. Avec Greg Pucciato, le chanteur petit mais costaud, le groupe avait franchit un grand pas qui allait l'amener vers ce dernière album en date, Option paralysis, étonnement commun par rapport au reste de leur carrière. Un nouveau batteur ravive l'énergie des compositions dans un sens moins mélodieux et plus virulent, comme pour rappeler au groupe que le nerf de la guerre pour eux était de sauter dans le public et de les déchainer en leur donnant envie à la fois de partir en vrille comme les derviches tourneurs qu'ils avaient en face d'eux et s'éloigner aussi, de peur de recevoir un coup de manche dans l'œil. Il y a toujours des mélodies, il y a toujours de la folie, il y a beaucoup de plans techniques et surtout toujours autant de riffs en forme de fulguro poing pour pousser à l'épilepsie les torses, les pieds et les cou possédés.

Malgré la fatigue, les changements de personnel, l'évolution, les années sur la route, les passages à l'hôpital, une tournée improbable et mal accueilli par le public en ouverture de System of a Down, bref de quoi remplir une biographie chargé à la Get in the van de Henry Rollins ou The Dirt de Motley Crûe, The Dillinger Escape Plan continue sa route vers un futur incertain car contrôlé uniquement par leurs envies, ce dont tout artiste rêve et qu'eux ont obtenus par la force de leur caractère et leur originalité constamment renouvelé.

Sunday, September 19, 2010

Filth de Swans, comme un coup de marteau dans tes tympans

A force de parler de Neurosis, je finirais bien par faire un article sur eux mais pour l'heure je préfère écrire sur l'une de leurs influences majeur, Swans. Fondé en 1982, l'année de ma naissance, par Michael Gira, la catharsis de leur performance martiale et intense et les quelque concerts qu'ils donnèrent où des membres de l'assistance s'effondrèrent sous l'impact, allant même jusqu'à une intervention de la police, solidifièrent leur réputation de groupe unique au point d'en faire l'une des figures mythique de la scène New Yorkaise no-wave (terme choisit en opposition à la new-wave) avec Suicide et Lydia Lunch.

La particularité pour Swans par rapport aux groupes qu'ils ont influencé est d'avoir toujours était plus lourd et plus puissant que la plupart des groupes de metal. Ainsi, leur radicalisme sonore ouvra la voix à des groupes comme Neurosis, Isis et Godflesh bien avant eux. On retrouve d'ailleurs dans la basse et le rythme syncopés de la batterie les bases de ce que Godflesh offrira ensuite sur l'album Streetcleaner. Bref, dès les années 80, Swans posait les bases, sur les neuf titres de Filth, d'un nombre incalculable de groupe que l'on classifie aujourd'hui dans des styles aussi variés que le noise rock (Helmet, The Jesus Lizard), l'indus (Nine Inch Nails), le posthardcore (Neurosis, Isis) ou le hardcore chaotique (Converge et donc, par affiliation, toute sa suite).

Peut-être qu'avec le temps les Swans sont devenus le nom a cité, le groupe indépendant qui fait la différence dans la liste des influences d'un groupe. Pourtant, Swans était mort, encore jusqu'à l'année dernière. Michael Gira avait enterré le projet en 1997, pour continuer a composer dans Angels of Light, une sorte de musique folk possédé. Or, en 2010, les cygnes reprennent vie et donnent de nouveau concert, dont un le 28 Novembre à Issy les Moulineaux. Un nouvel album est enregistré et reste consistant avec l'évolution constante du groupe et un retour vers la saturation électrique.

Il est cependant temps pour moi de confesser qu'en écrivant cet article je ne connais alors que ce premier album, découvert il y a peu après une première tentative avorté, il y a de cela plusieurs années, où le son saturé des guitares et de la basse m'avait assourdis et dégouté de l'expérience. A groupe unique, expérience unique et pour les apprécier il faut donc venir à eux. Dans toute expérience formatrice il est nécessaire de donner un peu de soi. Le don offre alors l'opportunité de mettre un terme au questionnement derrière le puzzle d'une partie de la musique contemporaine. Si jamais vous vous étiez interrogé sur l'origine de toute cette vague de musique saturé que l'on a bien du mal a mettre dans un sac metal ou rock, voici la réponse.

Tuesday, September 14, 2010

Un concert a ne pas manquer, celui de mon groupe!


Tout comme mon premier article ici portait sur la venue imminente de Trash Talk (bientôt de retour à Paris, je croise les doigts pour que ça se fasse), celui-ci doit vous encourager a venir voir quatre groupe, trois français et un américain, au Klub (14 rue St Denis, 75001. Metro Chatelet), pour la bonne raison que je fais partie de l'un d'entre eux. Ceci n'en est qu'une seule de raison et elle ne suffit toutefois pas. Fort heureusement, les dit groupes, sont très bons. Tout du moins, je peux en jurer pour trois d'entre eux.

Le premier de la soirée se prénomme Arms of ra et, comme chaque lecteur habituel du site le sait, il s'agit de mon groupe. J'y "chante" et j'y manipule un synthétiseur. Manipule plus que joue car mon travail derrière l'instrument est de créer des nappes et non de pianoter à la manière de ma confrère et bien aimé patronne, dans son propre groupe, Myhybris. Notre premier EP a été chroniqué ici mais nous n'en jouerons qu'un morceau. Le reste de notre set sera donc constitué de nouveaux titres plus concis, mieux écrit et peut-être bien plus intense aussi. Je vous en laisse seul juge, étant on ne peut plus biaisé sur la question de la musique de mon propre groupe. Ce fameux EP est toujours disponible sur notre page en téléchargement et si d'aventure vous le trouvez à votre gout, quelques exemplaires seront disponibles à la vente sur place en venant nous dire bonjour. Peut-être même que l'on aura des tee-shirts aussi !

Ensuite, quand je disais pouvoir jurer de la qualité des groupes, je ne parlais pas de (Platane) car je ne les ai encore jamais vu en concert. Cependant, ce que j'ai entendu et entendu dire me laisse a penser que nous aurons fort à faire avec eux derrière nous. La rythmique plus rock laisse présager des morceaux moins lourd mais plus entrainant que les autres, avec tout de même un camion benne de décibels dans les enceintes afin de ne pas trahir leur nom synonyme d'accident de la route et donc de choc violent. Un mur de son prometteur d'une belle rencontre entre votre tête et ce qu'ils vous jetteront aux oreilles.

Par contre, en ce qui concerne HKY, je connais on ne peut mieux le dossier. Huit prestation live au compte en tant que spectateur, collaborateur dans le projet du gaillard au sample, enregistré par le batteur, fan complet du groupe. Pas besoin de trop encourager les gens à venir les voir pour autant, leur musique parle d'elle même pour convaincre l'auditoire et aplatit littéralement la concurrence. Extrêmement sombre, l'originalité de leur musique se trouve à la confluence de tout ce qui est saturé avec comme points de références principaux Neurosis et Darkspace, deux groupes mythiques à l'atmosphère pesante et quasi religieuse. HKY ne provoque pas encore la même ferveur mais on se laisse facilement porter par la déferlante de couches de sons pour se laisser ensevelir et apprécier un peu plus les rayons de lumière en sortant de la salle.

Enfin, la tête d'affiche de la soirée est un jeune groupe américain issu de la vague black metal des plus original débuté il y a des années par Weaklking et ensuite mené par Wolves in the Throne Room et Krallice (avec des membres de Behold... the Arctopus) pour ne citer que les deux noms les plus connus. Enchanté par l'album Renihilation, sorti l'année dernière, écouté par hasard un matin, sans m'attendre une seconde à la puissance de qui s'écoulait de mes écouteurs, je n'espérais pas les voir venir jusqu'en Europe, et encore moins ouvrir leur concert. Plus proche musicalement de la technique de Krallice mais philosophiquement de Wolves in the Throne Room, ces jeunes musiciens issus d'écoles de musique ont pour de projeter l'énergie du black metal sous une forme positive et intense, comparable aux aspirations sonores de leurs ainés norvégien mais bien différent de la haine adolescente de ceux-ci. A ce sujet, l'article paru dans le New York Times sur une colloque portant sur le black metal, où l'un des membres de Liturgy a participé, est intéressant pour mieux comprendre cette "philosophie".

Venez avec les oreilles ouvertes mais avec des boules quiès.

Sunday, September 12, 2010

Le petit bus du rock industriel de Richard Patrick


Trent Reznor is Nine Inch Nails et Filter is Richard Patrick, deux groupes d'indus au destin commun comme le tronc et l'une des branche d'un même arbre. Deux nerd isolé cultivent leurs passions musicales au fond du bus de ramassage scolaire, chacun dans leur ville respective. Trent Reznor travaille à son premier album dans le studio où il est engagé comme ballayeur. Il rencontre Richard Patrick dans un magasin de disque et l'invite à rejoindre la formation live de Nine Inch Nails. Celui-ci ne contribuera pas grand-chose aux enregistrement et l'envie de former son propre projet montera progressivement jusqu'à son départ de N.I.N. à l'époque de l'enregistrement de The Downward spiral.


Il fonde alors avec un deuxième acolyte, Brian Liesegang, le filtre qui lui permettra d'exprimer toute l'animosité qui l'a travaillé pendant ses années au fond du petit bus. Le petit bus, aux Etats-Unis, est le nom donné au bus pour handicapés afin qu'ils ne soient pas emmerdés par les autres. Ce bus, Patrick l'a pris et est sorti avec une folle envie de faire savoir que la colère de nerd sait se faire entendre quand elle passe par des instruments, dont un studio d'enregistrement, puisque le travail de Patrick et Liesegang sur Short bus réside à la fois devant et derrière la console.

Le crédit de l'écriture des morceaux revient toutefois à Patrick (petit frère de l'acteur Robert Patrick, le T-1000 dans Terminator 2, pour l'anecdote) dont la personnalité s'exprime par les pulsations electro rock et une texture de rifff rock surdosé frolant le mur de son tout en restant catchy car entrecoupés par de légère nappes de clavier.

En soi, Short bus est un album d'indus très soft, plus rock que mécanique, et aussi plus facile d'accès que la production torturé de Trent Reznor. Les pulsions suicidaires de Reznor ne figurent pas dans la liste des traumas de Patrick qui préfère exprimer un mal-être adolescent et passe même par la ballade acoustique pour composer un hymne aux heures perdus que l'on aimerait passer ailleurs, Stuck in here. "Laissez moi tranquille", le message de Richard Patrick est plutôt clair tout au long de ce disque.

Encore peu adroit de ses cordes vocales ou des cordes de sa guitare, les onze plages de Short bus se rejoignent pourtant très bien grâce à ce petit air maladroit et pourtant très efficace. Le nerd se réveille et montre son talent pour l'écriture de hit comme "Hey man, nice shot", encore l'un des titres les plus connus du groupe. Ma préfèrance va toutefois vers "Dose" et son riff plombé et "It's over" pour le groove de son refrain au jeu de mot simple et définitif, "Watch your back, I got mine" (préoccupe toi de toi-même et laisse moi tranquille).

Quand Patrick apprendra a chanter et a composer des pièces encore plus puissantes et pop sur Title of record, il aura d'abord été quitté par son compagnon de la première heure et endossé la personnalité d'une rock star alcoolique assumant l'ego dont il avait déjà fait preuve au début du groupe en demandant à ce que le responsable du sticker mentionnant sur Short bus son statut d'ex membre de Nine Inch Nails soit viré. Ce n'est cependant pas une critique et avoir un ego quand on est musicien est quasiment un pré requis pour monter sur scène et s'exprimer.

Short bus porte la marque des envies d'un musicien tout en constituant l'une de ses plus belle réussites du fait de son manque d'assurance et de ses hésitations plus humaines que le mur du son de ses productions suivantes. Sorti à la même époque que Nine Inch Nails, la production de l'ancien compagnon de route aura indubitablement marqué cet album, que Patrick l'apprécie ou non, mais sans réussir à se détacher de son ombre, il aura produit un disque des plus honorable dans la galerie de suiveur du rock industriel perturbé qui suivit la spirale descendante de l'ascension de Trent Reznor.

Sunday, September 05, 2010

Mon long parcours vers Kylesa

Ca ne m'ait encore jamais arrivé de parler d'un groupe dont je ne possède pas, ou plus, de disque, alors allons-y pour une première fois avec Kylesa. En revanche, si je n'ai pas, encore, acheté leurs derniers disques, j'ai eu l'occasion de les voir quatre fois en concert.

La première fut au Furia Sound Festival de l'année passée. Quelques années auparavant, leur premier album, To walk a middle course, m'avait attiré, après en avoir entendu beaucoup de bien, puis désintéressé au point de finir dans le coin d'une armoire sans jamais retourné dans mes oreilles. Je ne saurais aujourd'hui décrire ce disque et ne pourrait donc en donner une appréciation convenable. Tout ce que je sais, c'est que Kylesa a alors pris une couleur négative dans mon esprit et m'a forcé à m'en désintéresser alors que tout le monde, et je dis bien tout le monde, commençait à s'enthousiasmer sur leur musique.

Vint alors le concert du Furia en matinée et la constatation que l'idée que j'avais gardé à l'esprit du groupe n'était plus valable. Plus metal que crust, en dehors du look de certains membre (la guitariste/chanteuse en particulier), leur son avait pris une coloration doom aux tendances psyché alimenté par l'énergie de leurs années crust, punk et sale qui ne démordait pas de leur jeux. Impressionné par le double assaut des batteries, et le solo que les deux batteurs interprétèrent, je partais avec la conviction d'explorer leur discographie. Vœux pieux non accomplis, au contraire de Torche dont le concert le même jour me poussa de nouveau vers leurs disque et fit de moi un croyant dans leur stoner pop rayonnant du soleil californien.

L'année suivante, les disques de Kylesa ne figurait toujours pas dans ma discothèque, et encore moins dans ma liste d'achat, même mentale. Je fit toutefois un voyage en Pologne pour le festival Assymetry où les cinq crust/doom jouaient en tête d'affiche et pu donc leur donner une nouvelle chance de m'impressionner. Déception, fatigué, le groupe ne me réveilla pas et semblait vivre dans une set list qu'ils répétaient inlassablement en ayant tout l'air de s'en lasser. Manque d'enthousiasme, manque d'intérêt, je partais me coucher en les laissant finir leur set sans aucune intention de les revoir.

Sauf que Kylesa tourne et ne s'arrête pas, quitte a faire de l'auto stop dans les tournées des autres, comme celle de Converge en Europe, avec Gaza et Kverlertak. Force est de constater que le groupe a alors un large public derrière lui alors que je ne comprends toujours rien à l'enthousiasme que tout ce monde peut avoir pour eux. Les deux chanteurs guitaristes sont mues par des intentions qui ne réussissent pas à sortir de leur bouches et finissent de façon érailler ou approximatives. Les riffs commencent pourtant à attirer mon attention, fait que je met sur le dos de la répétition puisque c'est la troisième fois que j'entends ceux là, surtout le premier, en concert. Il y a de l'idée, me dis-je, mais pas assez pour que je m'y intéresse.

Dernier voyage en date en République Tchèque pour le Brutal Assault et nouvelle chance de voir la tournée de Converge devant un tout autre public. Quelques curieux se sont levés à 10H pour venir voir Gaza mais beaucoup d'autres arrivent plus tard pour Kylesa, chargé de suivre le slam death bovin (du death metal sans le cerveau) de Devourment. Présent pour Devourment, sans autre chose à faire, je me place devant la scène et croise les bras, applaudit l'arrivée des musiciens, et sans aucun effort, commence a hocher la tête avec ce fameux premier morceau. L'énergie, le sourire, la passion, et les riffs. Tout se retrouve enfin ensemble sur scène et ma tête de hocher toujours avec maintenant un peu plus de conviction et d'intérêt. Que s'est il passé pour que je prenne autant de temps à me rendre compte de l'intérêt de ce groupe? J'avais pourtant compris la recette dès le premier concert et en était ressorti assez convaincu. Sauf que la hype des autres peut être aussi un repoussoir vers d'autres préoccupations.

Condamné par leur succès, il m'aura fallu un peu de temps pour me rendre compte de l'erreur et les apprécier à leur juste valeur après une longue remise en question et des occasions manqués. Loin d'être la cinquième merveille du monde, l'originalité de ces cinq musiciens de Savannah en Géorgie apporte de nouvelles couleurs à des riffs gras au rythme entrainant, à défaut d'être aussi massif que le promet le duo de batteur, intéressant puis finalement pas assez étonnant que d'autre (nottamment ceux de Year of no Light).

Cependant, pourquoi en parler aujourd'hui? Et bien car un nouvel album se prépare à sortir sur le label français Season of Mist et qu'un nouveau titre tourne sur leur page myspace. Les riffs dansent, la machine roule et le chant enroule les mélodies pour finir un titre sans surprise et toutefois assez enthousiasmant que ma bonne impression se prolonge vers une envie tenace d'écouter tout ce que j'ai manqué. On a beau dire que la hype ne passera pas par soi, on finit par avoir tort et finir par être porte parole d'un intérêt retrouvé pour un groupe que l'on avait pourtant promis de laisser tombé.

Monday, August 30, 2010

Genghis Tron - A l'assaut de l'inconnu


"Laser bitch", de quoi attirer retenir l'attention sur un morceau et laisser la curiosité fonctionner pour s'attarder une minute sur un groupe au nom peu avenant, Genghis Tron. Ou plutôt, un nom assez absurde pour promettre autant un groupe intéressant qu'une bêtise anecdotique d'ado avec du temps a perdre et de l'énergie à revendre.

Sauf que le morceau en question, aussi primitif soit il dans son exploration de genres reliés de manière incohérente autour d'une rythmique de boite à rythme galopante et d'un chant hurlé, compressé sous la forme d'un grésillement volatile, fonctionne. Il fonctionne, il marche, il parcourt votre tête et vous le refaite tourné encore une fois pour vérifier que vous ne vous êtes pas trompé. Oui, "Laser bitch" du groupe Genghis Tron est un bon morceau.

Cinq titres plus tard, le premier album arrive et l'affaire devient plus sérieuse. Dead mountain mouth, "Lake of virgins". Le groupe, parti en tournée, vit un accident de van et en ressort vivant pour en faire un disque où tout ce qu'ils promettaient se voit exaucé sous la forme de dix titres qui troquent l'euphorie comique pour la peur et la colère. Plus de collage bariolé, la boite à rythme s'entiche d'influences électronique et les froides mélodies des claviers rejoignent des riffs aux accents black metal et grind, confrontés à des lignes de chants arrachés comme les crissements des pneus contre l'asphalte auquel on veut s'accrocher avant de rentrer dans le mur qui approche de plus en plus vite.

De la vitesse et de la peur nait un groupe original, à la fois imprégné de la tornade chaotique d'un Converge que de la complexité mécanico organique d'un Autechre. Réchappé sain et sauf de l'accident, le trio semble être devenu un groupe de cyborg apprenant à se servir de leur nouveau membre et réussissant une symbiose que l'on ne peut qualifier d'industriel tellement elle sonne organique malgré son utilisation intensive d'instruments associés à ce que l'on appelle grossièrement la musique électronique.

L'apprentissage des prothèses se continue ensuite sur Board up the house et après avoir expulsé toute la peur de son évènement traumatique, les deux claviers, la boite à rythme et la guitare décident de former une musique plus expansive et d'employer tout son potentiel créatif à développer une machinerie plus complexe sans perdre pourtant en intensité. Plus de mélodie, plus de structures complexes et des titres qui ne se précipitent plus vers la sortie et reste en place le temps d'être observer et apprécier. Un album possédé par la confiance en soi développé, encore une fois, sur la route, qui invite au voyage et au développement d'une identité toujours plus unique.

Vient ensuite l'heure du partage sur cinq vinyles contenant en moyenne quatre chansons remixés par des artistes aussi variés que le groupe trip hop/rock, Subtle, le magicien du mix breakcore hardcore, Drumcorps, ou les enfants terribles de l'avant garde norvégienne, Ulver. Depuis, plus de nouvelle, juste une petite vidéo réalisé par un fan et applaudit par le groupe. Un nouvel album? Ce serait avec plaisir. En attendant, il y en a déjà deux et un EP qui n'attendent que vos oreilles pour rejoindre les masses grandissantes de l'armée des empereurs conquérants d'un genre sans pays.

Saturday, August 21, 2010

Converge - Un lion tendre comme l'agneau


L'album qui me fait prendre conscience de l'existence de Converge, et de son importance dans la scène musicale contemporaine, fut Jane Doe. Un album entier dédié à une rupture douloureuse entre le chanteur et une égérie. Sorti en 2001, You fail me, trois ans plus tard, relatait la suite de ce processus de guérison qui n'avait pas encore pris fin. Le concentré de fiel qu'était Jane Doe n'avait pas suffit a épancher la souffrance du chanteur et un second album était nécessaire pour y mettre fin.

Quand à moi, j'étais déçu par l'album à la production asséché, au contraire d'un Jane Doe où les couches de guitares déposé par Kurt Ballou (guitariste et producteur de la formation) s'amoncelait comme lors d'une inondation pour bâtir un fort de distorsion infranchissable. Et si il n'y avait encore que la guitare, cela n'aurait pas été aussi infranchissable. La basse et la batterie y était aussi de tout cœur dans le même ouvrage. Intense, complexe, le jeu des musiciens fut qualifié de mathématique, tout comme celui de leur frère d'armes dans The Dillinger Escape Plan.

Pourtant, les racines de Converge ne sont pas dans les livres de théorie mais dans le hardcore possédé de Rorscach et Deadguy, deux groupes qui se font suite historiquement et dont l'influence commune est Today is the Day, un autre pilier pas assez souvent nommé (peut être un jour écrirais-je un article sur leurs albums qui m'ont le plus marqués? trop de sujet, pas assez de temps). Or, le terme qui qualifie le mieux Steve Austin, membre fondateur de Today is the Day, c'est possédé. Possédé par une colère paranoiaque contre le monde entier.

Les groupes qui en découlent ne lésinent donc pas dans la folie et dans l'urgence quand il s'agit d'exprimer ce qu'ils ont sur le coeur. D'où un hardcore de plus en plus violent et chaotique pour Rorschach entre leurs albums Remain sedate et Protestant, pour aboutir ensuite à Converge.

Formé en 1990 et membre de la bouillonnante scène hardcore de Boston, le hardcore metallique du Converge des débuts pique quelque riffs chez Slayer, leur donne une nouvelle vie loin des rythmiques thrash rigide du groupe et tort le cou une bonne fois pour toute aux règles des deux genres en élaborant un style qui lui est propre et inspirant ainsi des générations de groupe. Leurs albums contiennent chacun leur lot d'expérimentation, toujours sous le signe de l'émotion la plus sincère et la plus violente, même quand le tempo ralentit.

L'impression d'être possédé par le bruit le plus blanc se communique aussi au public, comme le documentait très bien le DVD The Long Road Home sur lequel différent live amateur compilé au fil des tournées témoignait de l'énergie débordante des fans une fois que le groupe débarquait sur scène avec des titres aussi dévastateur que Conduit, My great devastator ou The saddest day, un titre qui a lui seul aura causé plus de frénésie dans le public que l'annonce d'une remise de 50% sur tout le magasin chez H&M.

Tout cela c'est encore sans parler de Jane Doe, You fail me, No heroes et le dernier, Axe to fall. Les visuels crée par Jacob Bannon devrait aussi avoir droit à leur paragraphe. Le split avec Agoraphobic Nosebleed aussi, une formidable rencontre entre deux groupes ignorant les règles de leur "genres" respectifs pour un album aussi efficace qu'une scie circulaire dans un ascenseur. Si il fallait parler de Converge dans les grandes lignes il faudrait faire un article bien plus long que celui-ci. Je me conterais donc de finir sur ces quelques mots.

Après You fail me j'ai perdu mon intérêt pour le groupe. Je ne retrouvais plus le son que j'avais aimé et je n'avais pas non plus tant envie que ça de revenir sur Jane Doe. Une écoute distraite des deux premiers albums, jeune con que j'étais, n'avait pas ravivé non plus la flamme. No heroes passa et je fis la sourde oreilles aux acclamations. Axe to fall arriva et le consensus ne fut par contre pu aussi entier. L'occasion de voir ce qu'il en retournait, de manger mes regrets d'avoir douté, et de repartir à la quête de ce qui m'avait tant plus chez eux. Le déclic arriva, il y a quelque jours, en République Tchèque quand le son fut enfin à la hauteur de mes espérances, l'énergie aussi forte que ce que j'attendais et la folie du public égale à celle des images que j'avais pu voir sur mon écran de télé. Tout était réunis comme je l'avais toujours attendu et Converge redevint à mes yeux le groupe essentiel qu'il n'avait jamais cessé d'être. Un concentré d'énergie, d'originalité et de sincérité. Et cela, cela suffit à décrire leur carrière.

Monday, August 16, 2010

Meshuggah ou la réinvention du metal moderne


Mon premier concert metal fut en compagnie de Meshuggah en 2005. Depuis, plus de passage sur Paris, ou même en France. Une tournée européenne avec The Dillinger Escape Plan annulé et ensuite, aucune nouvelle d'une envie quelconque des suédois de venir jouer en France. Alors si tu ne viens pas à La Palisse, La Palisse viendra à toi et j'ai traversé les kilomètres jusqu'en République Tchèque pour aller les voir lors du Brutal Assault, excellent festival en soi à la programmation varié que je recommande fortement aux amateurs de metal extrême.

Cinq ans plus tard, ce concert m'a fait redécouvrir l'amour que je porte à ce groupe, ainsi que son originalité. Les disques peuvent suffire pour s'en convaincre, le concert finit cependant le travail et enfonce la certitude d'écouter un phénomène qui n'a rien à voir avec le reste de la production metal. Programmé vers la fin du festival, après trois journée de metal, écouté de près ou de loin, les structures syncopés groovent et écrasent avec grâce qu'aucun autre groupe existant. Acclamé par un public de metalleux européen, Meshuggah a tout à la fois les marques d'un groupe du genre et rien de son immobilisme.

Interviewé dans le magazine Noise, Tomas Haake, batteur de la formation, affirmait lui-même se sentir plus proche de compositeurs d'I.D.M. (Intelligent Dance Music) comme Autechre ou Squarepusher. Tout comme le duo anglais d'Autechre, les suédois sont d'ailleurs faussement comparés à des équations mathématiques tant leur musique parait oblique et chaotique.

Mécanique, la musique des deux formations l'est toutefois dans une forme de symbiose entre l'homme et la machine. La voix de Jens Kidman ne possède pas de trace de rage ou de colère comme l'on trouve communément dans des groupes de metal extrême. Choisit comme mode d'expression le plus approprié de concept futurisco philosophique, ces textes écrit par Haake renforce l'impression de dissolution des codes du metal dans une fournaise de concept autrement plus concepts et étranger à une musique construite sur un héritage de rébellion adolescente.


Meshuggah _ Rational Gaze
envoyé par doommy. - Regardez la dernière sélection musicale.

"Where's the true knowledge - Where engines of the sane and insanity merge. The clarity. The unity"

Peu de clips représente aussi bien la musique qu'ils illustrent et celui de Rational gaze fait donc exception avec les formes allongés et rétractés que l'image impose aux musiciens. Les riffs paraissent eux même contorsionnés, obéissant à des règles rythmiques sorti de nulle part. Or, ce nulle part se retrouve surtout dans l'influence du rock progressif (le guitariste Marten Hagström affirmait dans un article du magazine Terrorizer être fan de Rush) et du jazz.

Agissant comme un organisme structurant et à part dans les morceaux, les rythmiques crée par Tomas Haake sont tout aussi fascinantes que celle des guitares. Enfin, les solis de Fredrik Thordental puisent leurs inspiration dans ceux de John Coltrane avec leurs notes, tantôt allongés, tantôt accélérés, voguant entre les signatures rythmiques, à l'instar du célèbre saxophoniste dont l'inspiration flamboyante emmenait son souffle toujours plus loin.

La polyrythmie, les solis de guitare saxophoniques, la musique de cyborg, ça nous amène bien loin de l'influence première de Mesghuggah qui était pourtant Metallica. D'un groupe de thrash à une révolution sur patte, ces quatre suédois possède une part dans le vocabulaire metallique des journalistes en quête d'un comparatif pour expliquer la musique de groupes usant de rythmiques un peu étrange. L'originalité de la musique de Meshuggah va toutefois plus loin qu'un simple groupe de travail autour d'une théorie musicale quelconque. Leur univers sonore réinvente les règles du genre qui les a nourri et fournisse de nouvelles armes à des centaines de groupes, inspirés ou non par leur propre musique, pour rendre la musique lourde toujours plus surprenante.


Meshuggah - New Millenium Cyanide Christ
envoyé par Meta-seluj. - Regardez la dernière sélection musicale.

Monday, August 09, 2010

Glassjaw + Admiral's Arms @ Nouveau Casino le 07/08/10

Huit ans loin de France ça n'entretiens pas une base de fan. Des fans il y en avait pourtant plein à craquer dans le Nouveau Casino pour le retour de Glassjaw. Retour pour un groupe qui n'était jamais parti bien loin et a surtout du faire face aux problèmes de santé de Daryl Palumbo, des conflits avec leur ancien label (Roadrunner records) auquel s'ajoute les changements de line-up. En arrivant, j'ignorais même qui serait sur scène en compagnie de Daryl Palumbo, la voix emblématique du groupe. A mes yeux, et a mes oreilles, Glassjaw avait tout a prouvé après tant de rumeurs, de ratés et un silence radio inquiétant qui m'avait détourné du groupe pendant plusieurs années.

Un tel bagage émotionnel et historique n'entoure pas la musique d'Admiral's Arms, un encore jeune groupe français entouré d'un buzz consistant alimenté par leur accointance avec des membres de Architects, Bring Me The Horizon et The Chariot. En effet, le groupe est allé à bonne école et reproduit les mouvements de ses pairs, ainsi que leur musique. Massivement influencé par Norma Jean et Architects, Admiral's Arms peine a se créer une identité propre avec des chansons dont on distingue trop facilement les influences. Les titres de leur prochain album montre un développement mélodique bienvenue où le chanteur peut montrer un registre de voix encourageant après un début de concert faux. Admiral's Arms accuse le coup de sa jeunesse, ce qui en soit n'est pas un mal pour une moyenne d'âge qui ne doit pas dépasser les 23/23 ans. La mode va dans leur sens et les aidera a décoller. Il faudra toutefois qu'ils travaillent ensuite leur originalité.

En cette période de vacance où la capitale se vide, c'est déjà un miracle que cette salle soit ouverte pour accueillir Glassjaw. Il n'y a donc pas de deuxième groupe d'ouverture et toute la place est laissé à ces rescapés de toute les galères possibles et imaginables pour montrer ce dont ils sont capables. D'entrée de jeu, l'accoutrement de Palumbo marque bien son accointance avec bien autre chose que les références émo, screamo et émocore avec lesquels ont a associé le groupe. Tee shirt Tears for Fears, bracelet a piques, cheveux mi long. Le gosse n'est pas sorti des 80's mais n'accuse pas le manque d'activité scénique, les problèmes de santés ou, soyons fou, le trac d'un public enthousiaste qui en attend peut être un peu trop?

Le dit public aura droit à une heure et demi complète de concert et n'aura donc eu aucune raison de grogner. Car, si l'assemblée continuera de chanter le nom du groupe après leur départ de scène, espérant un rappel, c'est surtout par dévotion pour ces héros tant attendus qui n'auront pas faillis. Les nouveaux titres, ceux de Worship and tribute et de Everything you ever wanted to know about silence sonnent parfaitement grâce à la précision de musiciens infatigables et aux capacités techniques remarquables de la section rythmique constituée de Manuel Carrero (basse) et Durijah Lang (batterie). Lé désertion, ou l'éviction, de Todd Weinstock, ne se fait pas particulièrement sentir lors de l'interprétation des anciens titres. Quand aux nouveaux, ils marquent par la plus grande interaction des instruments et leur éloignement de la base emocore, que tant de groupes ont pillés, pour un son plus ouvert tout en portant toujours la patte du groupe.

Le groupe. On ne s'y serait pas attendu mais les quatre musiciens forment un tout soudés, reliés par l'increvable Palumbo, capable d'assurer toutes les transformations vocales qu'il interprété sur disque, en chantant a gorge déployé des paroles que tout le public reprend en chœur. Palumbo n'a parfois même pas besoin de porter le micro a sa bouche tant il est secondé par un parterre de fan de longue, ou de récente date. La moyenne d'age va des fans de l'époque du premier album et de plus jeune pour qui la révélation aura été récente.

L'enthousiasme pousse même un fan a vouloir slamer en montant sur scène en poussant les jeunes filles aglutinnés sur le devant. Geste peu apprécié par Palumbo, soucieux de la galanterie et peu tolérant des emmerdeurs, il repoussera le bonhomme en lui disant d'aller se faire foutre et checkera avec la fan que le malotru avait voulu pousser. Un beau geste rare d'un type proche de son public et pourtant aussi charismatique que l'élégan Chino Moreno des Deftones a qui l'on avait comparé les débuts de Glassjaw. Comparaison peu pertinente maintenant a en juger par les nouveaux morceaux qui, avec un peu de chance, se trouveront sur un EP ou un album à venir prochainement. On peut toujours rêver d'obtenir tout cela dans un avenir proche mais cela ne semble plus si irréel après un concert aussi excellent que tous l'avait fantasmés. A dans beaucoup de moins de huit ans pour un nouveau moment d'anthologie.

Sunday, August 01, 2010

Converge + Kylesa + Gaza + Kverlertak @ le Trabendo le 26/07/10


Comme lors de leur passage il y a deux ans, un groupe d'ouverture m'intéressait plus que Converge, la tête d'affiche et influence principale de milliers de groupe actuellement. Il y a deux ans, c'était Integrity et AmenRa, aujourd'hui c'est Gaza, Kvelertak et ... Converge. En deux ans j'ai eu le temps de me radibocher avec les bostoniens dont le You fail me m'avait tant déçu que je ne m'étais plus approché de leur discographie jusqu'à Axe to fall. No heroes m'était passé au dessus de la tête, malgré le featuring pourtant excellent de Jonah Jenkins (Only Living Witness, Miligram, Raw Radar War), et je n'avais donc pas la même motivation que mes camarades, beaucoup plus enthousiastes de revoir enfin ces véritables héros du "hardcore" moderne.

Le premier groupe avait suffisamment fait parler de lui pour que la salle se remplisse convenablement à l'heure de leur arrivée. D'origine norvégiens, ces metalleux produit par Kurt Ballou (guitariste de Converge), agé d'un seul disque illustré par John Baizley (chanteur et guitariste de Baroness) Kvelertak s'attache à la tradition de leur mythique pays en produisant une musique autant influencé par le black metal que par le punk. Du black metal de l'été, joyeux, épique, a trois guitares complétés par les habituels bassiste, batteur et chanteur. Quelques tentatives d'explications des paroles, en anglais, chantés en norvégiens, devant un public français, interrompe le set pendant quelques instants et le chariot en feu reprend sa route. Les plus enthousiastes auront été enflammés et les plus calmes auront hochés la tête. Plus de convaincu que de déçu en tout cas puisque le groupe n'avait plus de disques ou de vinyle à vendre sur cette date parisienne.

L'enthousiasme des fans de Gaza prendra ensuite une autre forme. Pas de grandes effusions d'enthousiasme souriant. Pas possible. Si les paroles hurlés peuvent laisser planer le doute sur leur contenu, les petits speechs du chanteur n'en laisse aucune. "You have the Eiffel Tower, we have Taco Bell. You have the Arc de Triomphe, we have Chilis... We have no history", ses remerciements au public pour ne pas être partis pendant leur set ou cette descente dans le public pour y hurler sans micro "There is no future in here". La bande de Gaza, une référence à leur statut d'outsider dans une ville comme Salt Lake City, la base d'opération de l'église mormone, sème la zone et crache une bile incandescente dès qu'ils jouent. Pas besoin de grands effets de style, l'atmosphère de la musique suffit à propager le message. En revanche, les interruptions, un peu trop prolongés, entre les morceaux en auront frustré certains. Des marques de leur manque d'expérience scénique que l'on espère voir disparaitre au cours de prochaine tourne, de préférence européenne, si le groupe si plait plus que chez eux. Je les y encourage en tout cas avec enthousiasme et vu la dose d'applaudissement reçu par le groupe en conclusion, je ne suis pas le seul.

Après cela, Kylesa pouvait faire tout les efforts de la Terre pour me convaincre et partir tout de même perdant. J'assistais pour la troisième fois à une de leur représentation et la sauce n'a toujours pas pris. Les voix chancèlent en live et n'apportent pas les mélodies qu'elles voudraient. Les riffs rebondissent dans la salle et animent le public de fan, enthousiastes et nombreux, sans suffire à me donner envie de rentrer dans la danse. De bon morceaux, certes oui, rien d'extraordinaire pour autant. Je semble toujours faire parti de la minorité à chaque fois alors ne prêtez pas forcément attention à ce que je vous dit. Oui, Kylesa a fournit un bon concert avec toutefois le gros problème de voix susnommés dont personne ne pourra me convaincre du contraire (d'autres m'ont aussi fait part de ce même soucis). Avec un nouveau morceau de joué et un album en préparation, la machine Kylesa semble ne pas vouloir se dérégler et monter en grade. Bientôt ils rempliront les salles tout seul et apporteront à leur tour leurs potes en concert. Je viendrais alors peut être les voir, si les dite potes sont de mon gout, mais ils ne sont pas prêt de se débarrasser de l'étiquette de "bon groupe de scène, sans plus" que je leur ai donné.

Et enfin, Converge. La dernière fois, dans cette même salle, j'étais resté les bras croisés, sans me sentir le moins du monde affecté peur leur concert, pourtant de qualité. Ce soir là, ce fut à peu de chose près la même chose avec pourtant du mieux. Ca ne se voyait peut être pas de l'extérieur, mais j'étais un peu plus convaincu, plus intéressé par ce qui se passait. Le son de double, mixé bien trop fort, de même que la voix de Jacob Bannon (dont l'obsession à vouloir passer le micro au spectateur sans que ceci arrive à gueuler assez fort les paroles), m'ont laissés sur le carreau au début du concert et j'eux donc un mal fou à rentrer un tant soit peu dans le spectacle. Il y a de quoi faire avec des extraits de Axe to fall, No Heroes (le morceau éponyme), Jane Doe ("Homewrecker", "The broken vow") et même "Locust reign"! Rien n'y fera et je ne me rallierais pas non plus à la cause de la fosse bouillonnante, préférant le confort de la moitié de la salle, hochant avec appréciation. Converge est toutefois la définition de ce que l'on peut attendre d'un groupe du genre en concert : Actif, précis, puissant et communicatif (surtout Nate Newton, bassiste et guitariste des brilliant Dommriders). Avec toutes les années d'expérience qu'ils ont derrière eux, Converge assure ses concerts avec cependant l'impression de voir de bons showman et moins les être mythiques prêt à tout faire exploser que je m'imaginais à l'écoute de Jane Doe. L'époque est révolu, qu'à cela ne tienne les fans ne perdent pas vraiment au change. J'aurais la chance de les revoir très prochainement au Brutal Assault alors, peut-être qu'enfin, mon opinion changera et que je partirais lever le poing comme tout le monde en hurlant les paroles incompréhensibles, mais pourtant touchantes, de Jacob Bannon.

Ceci étant dit, on a beau se plaindre de ne pas avoir les même tournées incroyables que les fans américains ont (Converge tournait avec Coalesce, Harvey Milk et Gaza avant de venir en Europe), mais celle-ci était toutefois une cuvée de qualité, alors merci à eux d'avoir autant de bon gout.

Thursday, July 29, 2010

Dour 2010, live report de la journée du 18 juillet

Parti dans l'idée de voir un groupe plus jazzy, j'ai d'abord été déçu par le début du concert de Shining (14H40), avant de me rappeler que ce que j'avais entendu de leur musique était, avant-tout, progressive. Une fois habitué à leur mélange prog/metal avec des touches de saxophone (interprété par le chanteur/guitariste), leur musique devint progressivement plus intéressante à mesure que je m'habituais au mixage du concert qui ne mettait pas particulièrement bien en valeur le jeu entre les instruments (deux guitares, une basse, une batterie, un clavier et un saxophone occasionnel). La raison en était que leur ingénieur du son était resté bloqué en Pologne, pour des raisons que le groupe lui-même ignorait. Bref, un concert dans des circonstances problématiques et pourtant bien exécuté, malgré tout, et aussi bien accueilli avec pas mal d'enthousiasme dans le public. Le succès critique de leur dernier disque, Black jazz, semble prendre feu et consumer de plus en plus de monde. A redécouvrir dans de meilleurs conditions.

Caché derrière des lunettes noirs et une coupe de cheveux, les yeux des deux membres de Moon Duo ((15H25) semblent ignorer le public. C'est d'autant plus approprié que très peu de personnes se trouvent devant cette trop grande scène pour deux musiciens, un guitariste/chanteur et une claviériste, tout deux accompagné par une petite boite à rythme. Rien d'impressionnant ou de mémorable dans la prestation, ou dans la musique. Juste du rock très éthéré, limite shoegaze, interprété juste assez longtemps pour ne pas lasser. Distrayant et approprié pour ce moment de la journée.

Même chose pour Melissa Auf Der Maur (16H10), bien que son groupe soit un peu plus actif que le couple de Moon Duo. Ancien membre des Smashing Pumpkins, de Hole et d'A Perfect Circle, son pop rock, un poil saturé, n'emprunte rien à ses anciens groupes. En revanche, l'influence de Black Sabbath se fait sentir par moment et pousse même jusqu'à une reprise, lente et assez originale, de "Paranoid". La banalité du reste de son set emporte par contre tout autre souvenir la concernant.

L'effet de surprise des concerts de Monotix (18H) est maintenant passé mais ça n'empêche pas leur prestation d'être toujours aussi festive et enthousiasmante. Le trio israélien a donc déjà installé sa batterie et ses amplis à côté de la scène et fait se rapprocher de suite le public, de tel façon que toutes les personnes éloignés de deux ou trois rangs ne peuvent voir grand chose. Sauf que, le groupe se déplace, batterie y compris, et apporte la bonne parole de leur rock and roll à travers la salle. Grimpé en haut d'un pilonne, le chanteur se tient d'un bras et continue de chanter, puis monopolise l'attention du public avant de se laisser tomber et d'aller chercher un bout de batterie pour en interpréter, soutenu par le public. La longueur du câble de la guitare l'empêchera de se rendre au bout de la salle, malgré les envies de bougeotte du groupe qui iront jusqu'à sortir de la salle en portant une partie du matériel, jusqu'à faire revenir tout le monde pour un sursaut final jouissif devant la scène.

Quatrième et dernier groupe important pour ma venue à Dour, Anti-pop Consortium (19H) se présente sur scène amputé d'un membre, Beans, interdit de voyager pour des raisons médicales. High priest et M. Sayid ne semble pourtant pas ressentir ce manque de leur compagnon, grâce aussi à la participation de Earl Blaize, aux machines et aux backing vocals, durant un set dédié principalement à leur dernier disque, Fluorescent black, plus "pop", malgré le patronyme du groupe, et à de nouveaux titres où M. Sayid chante avec quelques effets d'échos. L'enthousiasme des musiciens à jouer de nouveaux titres est contagieuse et prévoit de superbes concerts à venir lors de leur prochain double concert parisien au Point FMR.

Enfin, le dernier concert que j'attendais de la journée se présente quand Steve Von Till (20H), chanteur et guitariste des mythiques Neurosis, arrive sur scène. Très préoccupé à manipuler ses effets et sa tête d'ampli, l'homme ne communique avec le public que par son instrument, manifestement fait maison si j'en juge par son apparence et son absence de marque, dont il tire des sons pures et unique. Parfois plus proche de l'orgue que de la guitare, Steve Von Till compense bien largement l'absence de musiciens pour l'accompagner, et crée rapidement une atmosphère introspective dans une salle pourtant ouverte vers tout les débordements possible du public du festival. Aux accents folk, étiré par des effets et un travail du son, sa musique contraste seulement avec Neurosis dans son volume. On y retrouve par contre toute l'émotion et la sincérité du groupe qui ont fait de leurs concerts une expérience aussi prisé. La conclusion du concert avec une montée en puissance prodigieuse où il extrait de sa guitare l'équivalent du double de décibels, plus d'une basse, amène son set à une conclusion approprié et catharsique.

Je passe ensuite sur ma tentative de découvrir ce qui peut bien plaire autant dans la musqiue de Ghinzu (22H). Ils sont belges, certes, mais ça ne force personne à venir écouter leur pop rock? John Stargasm mérite, quand à lui, son pseudonyme de rock star vu son comportement scénique qui apporte, certes, un peu d'entrain au spectacle, sans sauver pour autant cette musique qui réussit, même si ce n'est pas un exploit, à avoir la peau sur les os alors que le groupe compte six musiciens!

Devendra Banhart et son indie rock a largement plus d'intérêt et ses mélodies me rappelle à quel point on peut faire une musique riche sans avoir besoin de faire des morceaux complexes et/ou expérimentaux. L'anti-thèse pourtant de ce que j'écoute généralement. Je n'écouterais surement sa musique chez moi mais pour une découverte scénique dans un festival c'est un très bon moment a passé. Le bonhomme est attachant avec ses airs maniérés de grande folle de San Fransisco (j'étais même étonné d'apprendre après qu'il n'était en fait pas gay). Facile de comprendre pourquoi il a trouvé chez Björk une collaboratrice approprié à ses histoires pop.

J'entends ensuite de loin les paroles de Sexy Sushi et je cours me réfugier vers Foreign Beggars dont le rap/electro fonctionne très bien en concert. Bon groupe de scène et grosse synthèse des dernières tendances electro gonflé par deux flows speed, le public réagit bien mais je me fatigue vite de leur manque de subtilité.

Ma dernière découverte sera donc The Glitch Mob (1H). Trio derrière des percussions et des boites à rythme tactiles, l'un des trois venant jouer de la basse sur le devant de temps en temps, leur electro manipule des rythmiques new wave, sans trace de guitare, bien accrocheuse, accompagné par des mélodies synthétique. Entrainant, et tout aussi intéressant sur disque, j'aurais du rester devant leur set plutôt que de me déplacer pour voir la petite déception que fut la prestation de Dj Kentaro (1H30).

Une vidéo d'introduction en l'honneur du défunt Roc Raïda des X-Cutionners me laissait présager d'un set de deejaying hip hop bien senti. L'option club est pourtant choisit par le japonais qui satisfait totalement les attentes de son public avec des beat dansant mais trop simple pour m'entrainer à suivre le pas. L'écran vidéo montrant sa technique ne trahit pas la technique du bonhomme mais mis au service d'un concert aussi plat, je préfère rentrer me coucher et finir ce festival de Dour avec de bons souvenirs en tête.

Le dernier mot sera toutefois pour une préoccupation extra musicale qui m'a dégouté de remettre les pieds là bas. Ayant logé dans le camping, j'eus donc la primeur du spectacle des festivaliers qui, ayant logé quatre jours (voir cinq jours pour ceux qui arrivaient un jour avant l'ouverture), abandonnés leurs détritus, leurs affaires, leurs chaussures sur le terrain. Un océan de détritus laissé à l'abandon pour que les bénévoles se chargent du nettoyage à leur place. Tout le monde s'en fous, tout le monde se casse. A l'année prochaine et on oublie pas de se dire enevoire avec le sourire.

Affligeant, dégueulasse. Les adjectifs s'accumulent et n'arrivent pas à la cheville de ce spectacle dont on aurait pas cru capable une bande de jeunes pourtant ultra sensibilisé au respect d'un minimum de propreté. Les organisateurs laissent faire les bénévoles et laissent tout ce petit monde repartir sans rien leur dire. Alors où est le respect? Un beau majeur laissé en guise de conclusion à un festival dont les groupes véhiculent une idéologie communautaire. Il est donc nécessaire de tirer un trait dans cet article, entre les groupes, l'organisation et une partie des festivaliers pour qui tout cela n'est qu'un prétexte à se bourrer la gueule, fumer et déconner avec les potes en hurlant à tue tête pendant quatre jours. Le quotidien des festivals? Pas dans ceux que j'ai pu faire (Hellfest ou Brutal Assault, deux festivals metal) et où je retournerais.

Tuesday, July 27, 2010

Dour, live report de la journée du 17 juillet

Ce n'est ni le travail de commentateur pour Fow News du chanteur, ni le statut d'ex/ No Warning qui remplit le chapiteau pour la venue de Fucked up (15H25). Peut être la curiosité du nom ou la seule envie de nourrir un besoin en punk/hardcore? Fucked Up n'est pas encore très connu par ici mais les personnes présentes seront reparties avec le souvenir d'un concert ahurissant. Un chanteur rondouillard et câlin parcourt le public, suivit de trop roadie soulevant le fil de son micro (il faudrait lui parler des micros sans fils) pour qu'il continue à chanter tandis qu'il prend dans ses bras des spectateurs, les soulève (de leur plein gré) du sol et les porte sur ses épaules, danse le houla hoop, s'allonge à côté d'un type fatigué ou remonte le moral à un gars accroupi sur un côté pourtant éloigné de la scène. Rien ne lui échappe et tous repartent avec le sourire. La musique? Et bien la musique est tout aussi mémorable et intéressante, c'est à dire à quel point je vous encourage à écouter les disques et à payer de vos deniers quand ces derniers repasseront dans votre coin avec leur punk/hardcore intelligent.

Arrive Arkangel (17H), et là, le public hardcore réagit. Toute la subtilité du hardcore belge pour un concert bovin sous le signe du développement durable. Branché le public sur un générateur et vous aurez de quoi faire tourner la baraque a fritte pour la journée. La violence assumé de certain (on pouvait lire sur des tee shirt, outre Arkangel is your enemy, un slogan des plus fins: I'm only there for the violence) n'empêche pourtant pas trois jeune femme de venir se remuer le derrière pendant que vole les moulinet au rythme des parties beatdown. L'amour que porte la Belgique pour le hardcore le plus violent n'a pas été trahis.

Dix ans a en entendre parler avant d'écouter et la musique de Chokebore (17H45) ne déçoit pas. L'émotion du charismatique chanteur/guitariste et les mélodies distordus de son frère d'instrument suffit à convaincre. Propageant des mélodies amer et mélancoliques, le cœur se serre tendrement au fil du concert et la tête de suivre le mouvement en hochant d'appréciation. Dix à attendre, dix années à rattraper.

Après tant d'émotion, le hardcore metallique des bostoniens de Death Before Dishonor (19H) est largement plus terre à terre mais aussi plus fédérateur. Pour autant, la réaction du public diffère tellement quand un morceau de leur premier album est joué par rapport à celui d'un second qu'il parait évident qu'aussi sympathique soit le concert, Death Before Dishonor pourrait bien être sur la pente descendante. Leur concert n'est pourtant pas mauvais, loin s'en faut, mais par rapport à ce que j'attendais je ne fut qu'à moitié contenté.

D'autant plus que mon souvenir du concert, fut teinté par le set suivant des Spudmonsters (21H) que je n'attendais pourtant pas du tout. Après avoir entendu moultes recommandations de la part d'amis plus avisés en matière de hardcore je m'étais mis a espérer à un concert sympa mais nostalgique. Loin d'imaginer le déferlement d'énergie venant de la scène dès la première note quand le chanteur commence a sauter de toute part ou la qualité de ces titres tenant plus du new york hardcore que de la scène de Cleveland d'où ils viennent. L'ambiance est donc beaucoup plus positive qu'à un concert d'Integrity et le chanteur d'encourager le public à monter sur scène, au grand dam de la sécurité, qui fera toutefois évacuer les danseurs avant la fin du morceau. Dommage mais l'énergie et les titres continuent de pleuvoir sur le public, constitué de plus de curieux que de fans enthousiastes, sans manquer de détermination. Distribution de CD gratuit et de stickers pour promouvoir les projets de chacun des membres. Le statut de groupe culte des Spudmonsters n'est pas volé et avec un peu de chance ils reviendront dans de meilleurs conditions (outre que sonore, car tout était parfait de ce point de vue) sans attendre quatorze ans. Sans hésité le meilleur concert de hardcore du festival.

Ce concert de De La Soul aurait pu être fabuleux sans qu'un problème de micro, rendant la voix de l'un des rappeurs complètement inaudible, ne vienne ruiner l'énergie du trio, accompagné pour l'occasion de musiciens venu reproduire les arrangements de leur album culte, 3 feet high and rising. La bonne humeur déployé par le groupe, et leur talent de show man, suffit pourtant à relever largement le niveau de la déception permanente qu'était ce supplice de voir un type s'excrimer, sans s'en rendre compte, à rapper devant un par terre qui n'entendait rien de ce qu'il chantait. Un concert, même frustrant, conclu par "Ring ring ring" ne peut cependant pas être totalement décevant. Alors à quand un retour de De La Soul dans de meilleurs conditions?

Heureusement, encore sous l'effet des regret de De La Soul, le duo Pete Rock & CL Smooth vient remonter le moral des fans de rap. La réputation de production de Pete Rock (Nas, Wu-Tang Clan, Blakroc), le flow irréprochable de CL Smooth et la relation conflictuel qu'entretiennent les deux hommes rendaient ce concert d'autant plus exceptionnel et ils ne décevèrent pas. Du groove, du dynamisme et tout ce qu'il faut d'entertainment pour maintenir l'attention du public a bloc pendant une bonne heure de concert de rap comme seul des gros calibres du milieu en sont capable. Les amateurs de rap 90's n'auront pas pu être déçu et ceux qui, comme moi, ont constatés l'ampleur du trou qui figurait dans leur discothèque, sont repartis avec la ferme attention de le reboucher.

Monday, July 26, 2010

Dour 2010, live report de la journée du 16 juillet

La deuxième journée débute de nouveau avec un groupe de hardcore, Wisdom in Chains (15H), aussi seul dans le genre a être à l'affiche pour la journée. Le public Par conséquent, l'auditoire est encore plus clairsemé que pour Hoods alors qu'il s'agit d'un des meilleurs représentant de la synthèse de l'énergie du hardcore et des mélodies punk. Pour autant, les quelque gouttes de pluie ne feront pas fuir le peu de public que ces américains auront réussit à tirer de leur camping et de leurs voitures. Pas beaucoup de monde pour reprendre en choeur les paroles ou même danser. Bref, pas d'ambiance alors que les concerts de Wisdom in Chains, à leur meilleur, peuvent déchainer les attroupement devant le micro et les poings levés. Malgré tout, leur set est consistant et m'a donné envie d'acquérir très prochainement leurs disques.

Les passions commencent à se déchainer un peu plus tard, sur la même scène, avec l'arrivée du trio Peter Pan Speedrock (16H15). Rien de plus qu'un power trio jouant un hard rock bluesy mais rien de moins non plus. A cet heure encore matinale pour le festival la proposition est distrayante quand on a rien de mieux à faire. Aucune subtilité, comme en témoigne la sangle pendante du bassiste qui lui permet de jouer de son instrument sans plier le bras, et aucune raison de trop s'attarder pour aller se placer devant la scène où jouera Chrome Hoof (17H).

Les neuf membres de l'orchestre anglais sont on ne peut plus atypique, même dans un festival aussi varié que Dour. Une chanteuse au look et à l'attitude entre Jospehine Baker et Grace Jones, une saxophoniste jouant aussi des percussions et du basson, une violoniste, une trompettiste officiant aussi derrière un synthétiseur, un guitariste, un bassiste, un batteur, un claviériste (vraisemblablement derrière un Moog) et un dernier déguisé dans un costume géant de dieu à tête d'antilope. Le tout costumé de vêtement similaire à ce que pourrait porter des vulcanologues si ils avaient de tenus de soirée. Évidemment, une telle profusion de musicien ne peut créer une musique commune et le résultat se situe entre le funk, le prog et le kraut rock. Moi qui était venu voir une simple bizarrerie fondée par un ancien bassiste du groupe de doom Cathedral, je suis reparti les yeux et les oreilles émerveillés par un groupe original et intelligent aux rythmes aussi entrainant pour les pieds que pour les neurones. Les années 70 ne se sont jamais terminés pour certain et c'est tant mieux.

La proposition de l'Hypnotic Brass Ensemble (18H) aurait pu être tout aussi alléchante mais malheureusement, le manque de basse rend l'alliance de ces huit instruments à vent (trois trompettes, deux trombones, un soubassophone (qui est censé jouer le rôle de la basse) et un baritone, intriguant sans suffisamment de liant pour soutenir le groove de la batterie qui se perd dans les mélodies.

Passage à une séquence nostalgie pour le concert de Dog Eat Dog (19H) dont j'étais surpris d'apprendre qu'il ne s'agissait pas d'un concert de reformation. Oui, Dog Eat Dog a continué d'exister dix ans après que j'ai cessé de m'intéresser à leur mélange punk/hardcore ska et n'a pas non plus évoluer. Le nouveau morceau interprété s'intitule MILF et m'a démontré qu'en dehors leurs "meilleurs" titres, "Rocky", "Who's the king" et "No fronts", rien ne s'est amélioré. Les même musiciens jouent les même riffs à un public qui ne rajeunit pas. Vingt ans d'existence et des concerts correct pour une fusion nostalgique où seul le saxophone continue d'apporter des accroches mémorables. Serait peut-être temps d'arrêter, non?

Le temps de constater que je ne peux rentrer ni physiquement, ni mentalement, dans le concert de High Tone et de prendre mes jambes à mon cou en laissant une demi chanson de chance au rock-français de Eté 67 et l'attraction du jour arrive sur scène, Gwar (21H).

Je n'étais pourtant pas venu spécialement pour eux. Pour autant, manquer l'occasion de découvrir sur scène un phénomène dont on me vante les mérites depuis aussi longtemps ne pouvait se refuser. Et pour cause, le public s'est réunit en masse grâce à la publicité de la photo de groupe qui figure en couverture du programme du jour. Tout le monde est venu voir les américains déguisés en barbare de l'espace mais personne ne s'attend trop à la suite. Dommage... Le concert commence et un premier costume se fait décapiter pour commencer a arroser de faux sang le public. Certain cours pour éviter le jet, qui atteint quand même les quatre mètres de long, et d'autre restent en place pour s'amuser. Le suite sera autant du meilleur mauvais gout avec un Jésus / Hitler, une version nazi du pape Joseph Ratzinger, une rock star héroïnomane à qui l'on injecte sa dose avec une seringue géante... Si votre sens de l'humour est limité par certain tabou alors ne vous rendez pas à un concert de Gwar. Si, par contre, vous aimez le thrash et rigolez comme un idiot avec des plaisanteries gore, Gwar est fait pour vous!

La seconde raison de ma venue était ensuite Atari Teenage Riot. La reformation du mythique groupe d'electro punk et son passage à Dour avait été des plus décisifs pour mon achat du billet et j'en eu pour mon argent, et surtout pour mon enthousiasme. Qu'à cela ne tienne, le groupe peut jouer parfaitement mais si l'énergie n'est pas là, alors autant tout laisser tomber. Chez Atari Teenage Riot, l'engagement passe heureusement par une puissance scénique incroyable que beaucoup doivent leur envier. Alec Empire ne cesse de sauter et de raisonner avec toutes les pulsations du mix de speedcore et de punk qu'il manipule en trio avec Nic Endo et CX Kidtronic (nouveau membre recruté avec la mort de Carl Crack, peu après leur séparation). Le concert brosse tout les titres marquant de leurs albums avec en introduction leur nouveau titre, "Aktivate" et ensuite leur collaboration avec Slayer pour la BO de Spawn, "No remorse (I wanna die)". Passé ces deux titres, ce seront "Destroy 2000 years of culture", "Atari Teenage Riot", "Sick to death", "Get up while you can", "Speed", "Revolution action" et "Too dead for me" que je retiendrais et sur lesquels je danserais à en perdre le souffle. Mon plaisir d'avoir pu enfin les voir n'est égalé que par l'enthousiasme que j'aurais à les revoir sur Paris au Bus Paladium.

La soirée peut donc maintenant commencer pour les danseurs avec tout d'abord une présentation vidéo des oeuvres de Chris Cunningham. Le réalisateur a surtout travaillé avec Aphex Twin et présente ici sur trois écrans géant des extraits de ses vidéos dans un montage tout particulier mélangeant sexe, violence et cauchemar. Je m'attendais toutefois à une présence plus importante de la musique, et à en juger par les mouvements de la foule, je n'étais pas le seul. Son installation est toutefois suffisamment intéressante pour retenir l'attention d'un festival musicale avide de gros beat. Pour autant, je regrette de ne pas avoir pu apprécier de ce même spectacle dans des conditions différentes et plus approprié à une projection.

Otto Von Schirach correspond beaucoup plus à ce sur quoi j'étais prêt a danser et rien que ses acolytes déguisés avec un masque de veau et une cagoule de bourreau corresponde à ce que j'attends de la part d'un concert. De la folie, de l'étrange et des gros beats! Otto, le visage habillé par des lunettes 3D s'impose comme l'extra terrestre qu'il est avec un micro sur lequel on a implanté tant d'effet que l'on a du mal a deviner qu'il y a réellement une voix humaine derrière. Les projections fluo de gribouillis ou de forme géométrique finisse de dresser le portrait du breakcore jeté des enceintes par ce trio de tortionnaire des conventions musicales. Ce n'est plus la même planète, plus la même dimension, plus la même époque. Otto Von Schirach a pris possession des verticales et des horizontales pendant une heure de concert et aura fait danser contre leur gré un par terre de clubbers innocent.

En comparaison, Bong Ra est presque plus courtois. Il laisse la place à un duo de MC, un rappeur et un toasteur (aucun rapport avec le pain grillé), pendant qu'il balance beat et riff de guitare avec un batteur jouant sur des pods. Oui, tout cela sonne comme du déjà vu en mode Techno Animal. Sauf que, il y a un "sauf", un type aussi expérimenté dans la fusion que Bong Ra ne pouvait pas faire du déjà vu. Les battements breakcore de son set précédent, dont il n'existe pas à ma connaissance de version studio, entre indus, dub et drum and bass est maintenant enrichi d'une haute dose de pulsations que l'on ressent parcourir depuis les rimes des MC aux visages peint en noir, que dans la frappe des pods du batteur. De tout les coins du microcosme breakcore, la fusion entre les artistes metal donnent lieu à des fusions vraiment effervescentes. Entre End.user et Submerged pour le projet The Blood of Heroes et Drumcorps, Bong Ra fait de nouveau appel à son héritage metal et son expérience dans ces projets parallèle (The Mount Fuji Doomjazz Corporation, The Kilimanjaro Darjazz Ensemble notamment) pour un set accompagné de projection d'extrait de film (Le Bon, la Brute et le Truand dans un version psychédélique ainsi qu'une sorte de combat de boxe entre des femmes légèrement vêtus) où il bastonne de toute part avec riffs et beat. Le nouveau disque s'appelle Monster et le projet s'intitule Wormskull. Vous en entendrez parler.

Saturday, July 24, 2010

Dour, compte rendu de la première journée

Faith no More le jeudi, Atari Teenage Riot le vendredi, De La Soul le samedi et Anti-pop Consortium le dimanche. Le programme s'annonçait appétissant mais peu chargé. De bons artistes aux quatres coins de l'affiches me faisaient de l'œil, certains plus que d'autres, mais il y aurait-il de quoi combler les journées passées sur les lieux? Mission à peu près accomplit pour les organisateurs, et bravo à eux sois-dit en passant, pour avoir satisfait la curiosité d'un amateur ouvert d'esprit qui n'a pourtant rien à voir avec "l'ambiance" du festival.

A mon arrivée sur les terres du festival, j'ai d'abord eu l'impression de ne pas être à ma place. Pour un festival mettant en avant une partie de la scène alternative internationale, pas un seule distro, pas un disque, aucun tee shirt de groupe (à moins que l'on ne compte les tee shirt de Bob Marley dans le lot). Rien du merchandising habituel à des festival spécialisés. Terrain de jeu de la jeunesse belge venu dépenser son énergie sur le dance floor, les artistes invités par Dour ont comme point commun de faire remuer les pieds et parfois aussi les méninges. Rien à apprécier les bras croisés et les yeux fermés, à de rares exceptions.

Le premier groupe de la journée correspond à cette description puisqu'il s'agit de Hoods (16H30) , un groupe de hardcore de Sacramento, amène avec lui la "haine" et le soleil. La haine des skins heads, des emos, de Metallica ("Give it up for Metallica!" applaudissement du public "Fuck Metallica !, this next one is for Ronny James Dio!"), tout y passe dans les diatribes incendiaires du chanteur à la voix puissante et possédée. La belgique et le hardcore vivent une idylle qui n'est pas encore totalement visible puisqu'Hoods est le seul groupe du genre de la journée. Pourtant, les danseurs sont présent et animent la fosse suffisamment quand il s'agit de faire un petit circle pit ou de faire des saltos. Une parfaite mise en jambe pour réveiller en début d'après-midi et trancher avec les fans de reggae qui pullulement à l'extérieur. Pas de ça chez nous et ça envoi suffisamment pour se sentir comme à la maison.

Le temps de faire la queue pour retirer de l'argent (quarante cinq minutes quand même) et de se poser et Baroness (19H15) prend la suite sur mon programme. Le son parfait et les sourires des musiciens mettent de bonne humeur pour tout le concert que j'aurais passé avec le visage éclairé du bonheur de profiter de nouveaux des morceaux du Blue album dans des conditions optimales, après pourtant un concert parisien tout aussi mémorable. Le public reprend les paroles en chœurs et ne perd pas une miette de la performance que donne le groupe sans jamais s'interrompre longuement (même quand le guitariste/chanteur pète une corde et que le reste du groupe doit prendre le relais pour une impro rock dont ils se servent ensuite pour introduire le titre suivant). L'énergie scénique du groupe est aussi au beau fixe quand le dit guitariste se roule par terre en continuant d'exécuter son numéro de contorsionnistes sur le manche de sa guitare. Armé d'un disque salué par la critique et les fans, de plus en plus nombreux, rien ne pourrait arrêter Baroness à l'heure actuel pour rejoindre Mastodon.



Je parlais en introduction de groupe a apprécier les bras croisés et Wovenhand (21H) en fait partie. Cérébrale, le folk/rock s'apprécie surtout mieux les yeux fermés tant le caractère pieux du groupe est évident dès les premières notes. Il peut donc paraitre étrange que le groupe partage la scène avec un quatuor à cordes hongrois, dont les morceaux interprétés par intermittence avec ceux de WovenHand apportent une touche festive et joyeuse, à mille lieux de l'introspection spirituel dont fait preuve le chanteur de Wovenhand par l'émotion qui suinte de sa voix et de sa performance. Pourtant, les deux atmosphères se rejoignent dans la passion des musiciens pour une célébration toute naturelle de la musique. Je regrette toutefois que leur collaboration se soit arrêté à n'apporter que quelque touches de violons à des morceaux de Wovenhand et que les américains n'aient pas rendu la pareille à ces quatre hommes que l'on croirait issu de la même famille.



La première grande attraction du festival, et l'un des deux groupes que j'attendais le plus, Faith no More (22H) arrive enfin sur scène et démarre avec une interprétation de leur reprise du thème de Midnight cowboy. Tout reste en suspend pendant quelques instants. Le calme plat. Le public reste attentif mais ne fait que se concentrer pour mieux exploser dès les premières notes de From out of nowhere. The real thing est manifestement l'album le plus populaire du groupe, même si il est aussi beaucoup moins intéressant que les suivant. Pour preuve, "Surprise, you're dead" et "Epic" inspirent eux aussi de grands mouvement de foules bien que ce soient les chansons les plus datés de leur repertoire.

Celui-ci est majoritairement tiré de Angel dust (Easy, Be aggressive, A small victory, Land of sunshine, Caffeine, Midlife crisis), comme il se doit, avec toutefois des passages surprenant vers King for a day, fool for a lifetime (The gentle art of making enemies, Evidence, Ugly in the morning et Just a man en conclusion) et un petit détour sur Album of the year (les deux singles, Ashes to ashes et Last cup of sorrow). Personne ne serait contenté avec aucune set list d'une heure et demi mais le groupe n'a pas l'air décidé à quitter la scène si j'en crois par le "See you next time" de Mike Patton en toute fin de concert.

En effet, même si les efforts désespéré de Mike Patton pour faire un venir un bébé sur scène pour la conclusion de Just a man se sont soldés par un échec, Faith no More est un groupe toujours bien vivant et son répertoire n'a rien de nostalgique (en dehors de quelque titre qui trahissent la jeunesse du groupe à l'heure de leur écriture). Le maître de cérémonie, Mike Patton, retient l'attention de tous grâce à sa voix et son interaction constante avec le public. Qu'il se moque de la techno que jouent les Dj attachés aux bars disposés à droite et à gauche de la grande scène, ou qu'il interpelle une jeune fille qui lui tire la langue en la menaçant d'appeler sa mère ("I'll tell your mother her daughter is acting like a slut at a rock concert") Patton et ses compagnons triomphe avec un spectacle qui n'a rien de nostalgique. Avec autant d'enthousiasme des deux côtés de la scène, Faith no More pourrait devenir un petit plaisir de vacance pour encore quelque temps.



Les danseurs prennent ensuite possession de la nuit. J'accompagne alors une amie pour voir le set de Moderat (23H30), la rencontre du duo de Dj Modeselektor et d'Apparat accompagné d'un quatrième larron. Les projections accompagnent les beat et les mélodies minimaliste tout au long d'une performance assez intéressante pour retenir mon attention, et celle de mes jambes. Les deux titres de conclusion, l'un avec le flow d'un rappeur et l'autre avec celui d'un toasteur, complète agréablement ce set sympathique d'un projet qui semble recevoir beaucoup plus d'approbation et d'enthousiasme dans le milieu électro que je n'en suis capable d'en dispenser à son égard.



En revanche, tout mes applaudissement reviennent à Drumcorps, accompagné de Léo Miller (ex. chanteur du groupe de death metal Animosity). La moyenne d'âge, et le look du public, laisse à penser que la présence de ce dernier aura rameuté les fans de deathcore pour voir ce qu'il en découle. J'étais moi aussi impatient de découvrir ce qu'apportait le chanteur au set polonais de Drumcorps que j'avais vu il y a quelque mois où une présence vocale faisait encore défaut à l'énergie et aux riffs efficaces de Drumcorps. Aujourd'hui comblé par la voix et l'énergie de Miller, les nouveaux morceaux de Drumcorps, mélangeant encore plus le metal et le breakcore que sur le déjà excellent Grist (où l'artiste samplait toutefois amplement des groupes de hardcore chaotique comme Cave In ou Converge) jusqu'à créer une fusion originale bien qu'encore approximative par moment. La boucherie sonore qui en ressort annihile toutefois comme il se doit le public présent et me fait repartir sur un Down toujours aussi efficace, précédé du remix d'Animosity où Miller pose avec toute l'énergie dont il est capable.

Friday, July 23, 2010

Ozzy Osbourne est il encore le "prince des ténèbres"?


La couverture de ce dernier disque d'Ozzy le montre refait de toute part avec autant d'effet photoshop possible pour dissimuler son age avancée. L'homme qui avait effrayé les actionnaires en croquant la tête d'une colombe n'a pourtant plus rien d'un quelconque personnage mythique après être apparu dans un réality show populaire où il a pu démontré toute l'originalité de sa petite famille et de sa personne. Mais dans les cabinets des chirurgien esthétique tout comme dans les studios, tout peux être fait pour masquer les manques, les rides, les erreurs et l'âge. Crier, nous demande le bonhomme, mais en est-il toujours capable?

On en doute beaucoup quand commence le premier titre et que la voix si particulière d'Ozzy a bien du mal à ressortir de dessous un paquet d'effet. Puis, compressé et fermement encadré dans un moule synthétique et apparait dans un carcan metal moderne. Sans s'adapter à la mode deathcore ou metalcore, Ozzy Osbourne a tout de même pris des leçons chez ses confrères radiophonique et il n'y a donc rien de surprenant à voir que son compère de studio est un certain Kevin Churko. Ce canadien, producteur et songwriter, a dans son CV des noms tels que Shania Twain et Five Finger Death Punch. Des noms qui n'ont de commun que leur objectif radiophonique et télévisuel et que l'on pourrait presque mélanger pour avoir une idée de ce nouveau disque.

Surproduit à l'excès, les guitares ne claquent, ni ne résonnent. La batterie, bien plus chargé en double grosse caisse que ne pouvait laisser présager un disque a ranger dans le rayon hard-rock avec ses prédécesseurs, Blizzard of Ozz et Diary of a madman, réédités très prochainement, les deux grands classiques de Osbourne en solo, écrit avec le guitariste Randy Rhoads, disparu dans des circonstances tragiques. Remplacé ensuite notamment par Zakk Wylde de Black Label Society, le guitariste est remarquablement absent de ce nouvel album, de peur que son empreinte soit trop remarquable par rapport à celle d'Osbourne.

Ecrit et produit par le susnommé Kevin Churko, Scream présente un Obsourne moderne et aseptisé. Un produit approprié pour son époque mais dénué de titre véritablement notable sur les onze qui constitue l'album. En revanche, si aucun ne se dégage, tous sont égales dans leur mélange de gloss pop et de clichés metal. On frôle parfois le metalcore dans les échanges rythmique guitare/batterie sans pour autant attendre le At The Gateism si populaire depuis bientôt quatre/cinq ans. Avec Scream, Ozzy Osbourne ne trahit donc pas véritablement ses fans car il ne s'acoquine avec aucun style particulier. Son emprunte - ses paroles et sa voix si reconnaissable - est toutefois bien légère dans ces morceaux sans vie, ni originalité. Juste un disque de hard-rock/metal de plus avec un nom connu et beaucoup de maquillage pour faire passer la pilule.